La Fifa attribue la coupe du monde 2006 à l'Allemagne

Le Maroc y croyait ; Driss Benhima se déclarait confiant avant le vote, car le Maroc bénéficie de certains points forts tels que la proximité géographique avec l'Europe, l'amour populaire du football, la qualité des équipements de télécommunication et le faible taux de criminalité. mais les 24 membres de la FIFA ont tenu compte des points faibles de cette candidature : les infrastructures sportives et hôtelières qui restent insuffisantes.

Le Maroc a été éliminé au 1e tour et l'Angleterre au second ,et c'est finalement, l'Allemagne avec 12 voix qui l'a emporté au dernier tour de scrutin face à l'Afrique du Sud

L'Allemagne obtient donc sa 1e coupe du monde en tant que pays unifié ;la RFA avait organisé la phase finale de l'édition 74

Interview de driss benhima
                                                 haut commissaire chargé de la candidature marocaine

Après 1994, 1998, le Maroc est une nouvelle fois candidat pour 2006 à l'organisation d'une coupe du monde. En 1990, la FIFA a préféré les Etats Unis car elle voulait promouvoir le Soccer en Amérique du Nord et, en 1998, le Maroc ne faisait pas le poids face au dossier présenté par Michel Platini.
Pour cette 3ème tentative, le Maroc n'est malheureusement pas seul, il se retrouve avec de sérieux rivaux comme l'Angleterre, l'Allemagne, le Brésil et l'Afrique du Sud.
Face à de pareils poids lourds, le Maroc doit choisir une stratégie qui met en relief ses propres atouts :: premier pays africains à se qualifier à la phase finale de la coupe du monde, premier pays à se qualifier au deuxième tour en 1986 à Mexico et il partage avec le Cameroun le record continental de 4 participations à une coupe du monde.  Autre atout pour le Maroc, la proximité de l'Europe, et le principe de rotation pour la fête du football, après l'Amérique (1994), l'Europe (1998), l'Asie (2002), la logique nous amènerait en Afrique .
Pour 2006, le Maroc a confié le dossier à Mr. BENHIMA Driss actuel PDG de l'ONE(office national de l'électricité), ce technocrate a occupé de hauts postes dans l'administration et il fut d'ailleurs ministre dans le gouvernement qui a préparé la transition. Le haut commissaire chargé du suivi de la candidature parcourt le monde pour défendre le dossier marocain, il s'est arrêté un instant pour répondre à nos questions.

 

DB :Quelles sont les raisons des deux précédents échecs ?
Les deux précédentes candidatures ne sont pas précisément des échecs. La première a été perdue face aux Etats-Unis car, la FIFA a préféré favoriser l'aspect promotion et développement du football en Amérique du Nord. La deuxième tentative nous a placé face à la France et, sachant  tout le poids que représente le continent européen sur la scène footbalistique et plus particulièrement au sein de la FIFA, nous avions malgré tout maintenu notre candidature, fort déjà de notre confiance en nos capacités.
DB : Le dossier présenté par le Maroc pour la Coupe du Monde 1998 avait été estimé solide par de nombreux observateurs. Depuis lors, comment ce dossier a-t-il pu être amélioré ?
Les principaux atouts dont nous bénéficions, par rapport au dossier présenté en 1998 sont, essentiellement, le formidable développement qu'ont connues nos infrastructures (réseau autoroutier, 2ème licence GSM, boom du secteur privé de la santé, etc.), l'extraordinaire soutien populaire manifesté par l'ensemble du peuple marocain et la place que continue d'occuper la football national sur la scène mondiale. De plus, cette candidature se place dans la perspective de la reconnaissance de l'Afrique comme le continent devant abriter la coupe du Monde 2006, et ce dans un esprit d'équité et de justice par rapport à son extraordinaire apport au football mondial.
DB : L'Afrique du Sud compte sur le charisme de Mandela, le Maroc misait sur les nombreuses relations planétaires de feu le Roi Hassan II, sa récente disparition n'affaiblit-elle pas la candidature marocaine ?
Tout d'abord permettez-moi de préciser que Mr. Mandela a annoncé qu'il ne sera pas l'Ambassadeur actif de la candidature Sud Africaine. En ce qui concerne les relations internationales de feu Sa Majesté le Roi Hassan II, elles ont toutes unanimement manifesté à sa Majesté le Roi Mohamed VI leur soutien face aux défis que notre pays désire relever.
Quant à notre candidature, elle se trouve au contraire raffermie par le formidable défi que représente pour nous la réalisation d'une des dernières volontés de feu Sa Majesté le Roi Hassan II.
DB : Supposons qu'Israël se qualifie pour le Mondial 2006, si  le Maroc est choisi comme pays organisateur et si  les relations entre les pays arabes restent au statut-quo, le Maroc accepterait-il de recevoir l'équipe israélienne ?
Comme vous le savez sûrement, notre pays est un fervent défenseur du processus de paix au Moyen-Orient. Sa Majesté le Roi Mohamed VI ayant repris le flambeau de son auguste Père, nous ne ménageons aucun effort pour que cette paix soit présente dans cette région bien avant 2006. De plus, les garanties demandées par la FIFA incluent cette question, à laquelle nous avons répondu favorablement.
DB : Ne serait-il pas envisageable une candidature maghrébine (Maroc-Algérie-Tunisie) àl'insstar de 2002 (Japon-Corée du sud) ou plus près de nous avec la CAN 2000 (Nigéria-Ghana) ?
Il est important de savoir qu'en ce qui concerne la Coupe du Monde, la FIFA préfère éviter les co-organisations par plusieurs pays. Ensuite, avant de pouvoir prétendre à une formule maghrébine, il faudrait d'abord analyser l'expérience Corée-Japon. Aucune coorganisation n'est donc envisageable avant 2010.
DB : Qu'est-ce qui peut faire la différence entre le Maroc et L'Afrique du Sud ?
Il n'appartient qu'au Comité Executif de la FIFA de faire la différence entre nous et nos amis sud-africains, et ce sur la base des visites qu'effectuera la Commission technique dans chacun des pays candidats. Je dirai simplement : " Que le meilleur gagne!".
DG : U n troisième échec pourrait décourager les meilleures volontés. L'envisagez-vous et renonceriez-vous à toute candidature si tel était le cas ?
Nous n'en sommes pas encore là ! Notre dossier n'a jamais été aussi bien positionné. Il remplit, à nos yeux, les trois conditions essentielles à l'attribution de l'organisation de la coupe du monde 2006 : Crédibilité, Légitimité et Garantie d'un succès populaire.
 
DRISS BOUGRINE.