younes el aynaoui: le retour gagnant

A Roland-garros, Maroc rime souvent avec Arazi, on oublie souvent que le royaume chérifien a d'autres atouts dans le domaine du tennis; notamment Younes El Aynaoui un solide gaillard de 1m93 et 84 kg, il est l'aîné des trois mousquetaires marocains (avec Arazi et Alami) ; on peut dire qu'il fut la locomotive du tennis national car son premier coup d'éclat il le réalisa à Roland-Garros en 1995. Cette année-là, Younes El Aynaoui, classé 224éme mondial est sorti des qualifications pour atteindre les 1/8 de finale ; un joli parcours qui fut stoppé par André Agassi en 3 sets. Après cette performance, les succès s'enchaînèrent, il a pointé en 1996 à la 48ème place.
La "Baraka" n'allait pas durer, une première blessure fin 96, une rechute en 97 éloignèrent le marocain des courts durant sept mois. Après avoir pansé ses blessures,  

Younes El Aynaoui se retrouve à 444éme place, pour les spécialistes marocains de la balle jaune, un retour au premier plan paraissait improbable ; c'était ne pas connaître la force de caractère du joueur du stade marocain . Il s'attela à cette rude tâche avec volonté en sillonnant les tournois Challenger ; avec 6 titres en poche, le redressement était annoncé, mais cet élan fut contrarié par de nouvelles blessures. D'autres joueurs auraient abandonné leurs raquettes et renoncé au haut niveau, notre représentant fait partie de la race des seigneurs, il n'abdique jamais.
C'est avec respect que l'on salue son retour au premier plan cette année à Roland Garros ; à force de faire le yo-yo au classement mondial, Younes El Aynaoui n'a pas la côte médiatique de son compatriote Arazi. D'ailleurs au premier tour, sur le court n°3, les belges venus en force encouragés, le jeune Xavier Malisse, ne connaissaient pas en majorité le marocain, pourtant il habite à Bruxelles. La présentation fut difficile pour nos amis belges ; doté d'un service puissant, le marocain débordait ensuite facilement son adversaire grâce à un des plus beaux coup droit du circuit. Pour la petite histoire, El Aynaoui remporta le match en 3sets, 6/2 6/0 6/4.
Au tour suivant, le numéro 1 marocain livra une rude bataille au brésilien Fernando Meligeni qui est un pur produit de la terre battue. Les échanges entre les 2 joueurs furent longs, le match aussi, puisqu'il fut arrêté à la tombée de la nuit pour reprendre le lendemain. Cette mi-temps qui dura une nuit, fut bénéfique à Fernando Meligeni qui sembla plus frais, renvoyant inlassablement tous les coups droits d'attaque du marocain. A ce jeu de fond de court, le sud-américain sut tirer son épingle du jeu pour contrer toutes les attaques de Younes et remporter ce match marathon en 5 sets, 6/7 6/3 4/6 6/3 6/3.
Le marocain avait testé sa cheville sur la terre battue de la porte d'Auteuil, elle avait tenu ; pour lui, c'est déjà une victoire sur les blessures et il peut attaquer sereinement les prochains tournois.

 

hicham arazi : salut l'artiste

Hicham Arazi est aimé à Roland Garros. Son talent est apprécié, son revers de gauche, son toucher de balle, ses amortis régalent le public français. Mais cet amour est peut-être nostalgique car le marocain leur rappelle un autre " phénomène " Henri Lecomte. Beaucoup de similitudes dans le jeu des 2 joueurs avec beaucoup d'occasions ratées.
L'année dernière sur les courts du French open , il rata d'un cheveu une qualification en 1/2 finale . Devant le n°1 français, Cedric Pioline, la victoire était à portée de main, mais Hicham n'a  pas su conclure. Mais, le contrat était rempli, le génial gaucher avait atteint les 1/4 de final comme lors de la précédente édition 1998.
1998, une année faste pour Hicham qui avait défrayé les chroniques en éliminant en 1/8 de finale, le chilien Marcelo Rios. Le public de Suzan Langlin avait assisté à un match d'anthologie. Pour le  marocain le plus médiatisé de France, l'édition 98 revêtait une  importance particulière ; un statut de chouchou à préserver et la défense de ses points ATP.

En entrée, il fut opposé à un sacré client en la personne du croate Goran Ivanisevic tête de série n°16. Grand de taille, doté d'un excellent service l'ancien finaliste de Winbledon éprouve des difficultés depuis le début de saison, il ne retrouve plus son fameux toucher de balles de gaucher et ses sautes d'humeur lui jouent souvent de mauvais tours. D'ailleurs à un set partout, le croate Goran Ivanisevic a perdu sa concentration pour ensuite laisser filer les jeux d'une manière inexplicable, une aubaine pour le marocain qui remporte ce match en 4 sets 6/4 1/6 6/3 6/1.
Au second tour, Arazi était opposé à un ancien vainqueur des internationaux de France,  Jim Courier. L'américain est resté aussi n°1 mondial durant 56 semaines. Mais le haut de l'affiche use, et après un passage à vide, le sympathique américain semble revenir à un meilleur niveau. Le 1er set démontre son retour en forme, il le remporte sans contestation 2/6 . Hicham Arazi s'accroche pour remporter la seconde manche 6/3 ; détendu, le gaucher marocain retrouva son jeu : revers décroisés de toute beauté et accélérations soudaines en coup droit qui firent beaucoup de mal à l'ancien vainqueur de l'open de France. Arazi remporta en toute logique le match en 4 sets : 2/6 6/3 6/4 6/1. 
Au 3ème tour, le russe Merat attendait  notre marocain. D'après le début du tournoi, le russe avait impressionné les spécialistes du tennis. Agé de 19 ans, le  moscovite impressionnait de "santé" (1m93, 81kg) avait crée la surprise d'entrée en 1998 en éliminant André Agassi en 5 sets. Lors de ce 1/8 de finale, Marat impose d'entrée sa puissance et empoche le 1er set 7/6;au second set Arazi eut un sursaut d'orgueil pour revenir dans la partie et contrer les coups du moscovite(6/3), mais des la reprise de la troisième Safin reprit les choses en main pour imposer son jeu grace à son service qui etait souvent chronometre aux alentourrs de 200km/h.             .
. Epuisé par les coups du russe, Hicham Arazi ne peut rien faire lors de la 3ème et 4ème  manche. Le marocain n'a pu atteindre pour la 3ème année consécutive les 1/4 de finale mais il donna rendez-vous à tout le  monde pour l'édition 2000.

 

alami karim :un petit tour

Karim Alami est résident monégasque et il devrait éviter les machines à sous car chaque année à Roland-garros il a droit au gros  lot au tirage au sort. En 1996 et 1997 il hérita  de Alex  Corretja qui reste une référence sur la terre battue; en 1998, Stefan Edberg annonce au monde du tennis sa retraite, c'était alors son dernier tournoi à Paris; le suédois est apprécié à  la porte d'Auteuil pour son jeu offensif et surtout depuis sa finale perdue face à John Mac Enroe;et qui allait subir la pression du public et les montées au filet du suédois ,Karim Alami bien sûr.
Pour cette édition, le sort continue à s'acharner sur notre représentant puisqu'il était opposé au n°7 mondial l'anglais Tim Henman. C'est un pur attaquant et dés l'entame du match il va s'installer au filet et le marocain , on le sait n'aime pas trop défendre. Sur son service ,il s'exposait au retour de l'anglais qui lisait bien les trajectoires de sa mise en jeu et qui remporta le premier set 6/4. A la seconde reprise Alami a décidé de prendre plus de

risques pour dérégler le jeu de son adversaire, cette tactique lui a permis de revenir au score(6/4). Notre représentant continua dans cette voie pour garder l'emprise sur la partie; Henman montrait quelques lacunes dans le jeu de fond de court sur la terre battue; plusieurs fautes directes lui ont valu la perte de la troisième manche 6/4
Le quatrième set sonna le réveil du britannique, on assista alors à un match de tennis; il faisait chaud et les courts étaient devenus plus rapide; un sacré avantage pour le natif d'Oxford qui a commencé à servir du"plomb".Tout cela n'arrangeait point les affaires  du marocain dont le jeu s'effrita petit à petit pour laisser le gain du set  à son adversaire 6/3.Tim Henman occupait parfaitement le court et à chaque balle courte de Karim Alami , il se ruait au filet pour terminer les points;  il continua sur la même cadence pour remporter ce match au 5e set (6/4)

driss bougrine