Groupe A 

   J G N D BP BC Pts
Danemark 3 2 1 0 5 2 7
Sénégal 3 1 2 0 5 4 5
Uruguay 3 0 2 1 4 5 2
France 3 0 1 2 0 3 1
 
France : Sénégal: 1-O
Uruguay : Danemark: 1-2
France : Uruguay :0-0
Danemark : Sénégal :1-1
Danemark : France : 2-0
Sénégal: Uruguay :3-3
1/8 finale

Sénégal-Turquie 0-1
Les Lions n’avaient plus la force

La fabuleuse aventure des sénégalais s’est terminée ce matin à Osaka. Les Lions ont été battus 1-0 par la Turquie, un but en or marqué par Ilhan Mansiz à la 95e minute. Comme le Cameroun en 1990, les Sénégalais quittent la Coupe du Monde au stade des quarts-de-finale. Même s’il aura fallut attendre une courte prolongation pour que le sort bascule finalement du côté des hommes Senol Günes, les Lions de la Teranga n’avaient semble-t-il pas -ou plus -les ressources physiques et mentales pour arracher le droit de rencontrer le Brésil. Tombés si près d’un demie-finale historique pour tout un continent qui de Kampala à Accra, de Johannesburg à Lomé – a pleuré après le but d’Ilhan, les Sénégalais ne peuvent nourrir et encore moins mourir de regrets. Les turcs étaient meilleurs hier. Et la défaite des Lions a vite semblée inéluctable.
A Osaka, il à manqué aux Sénégalais ce qui avait fait jusqu’alors leur force : vitesse, impact physique et enthousiasme, bref ce fameux « Diom », ce fighting spirit qui les avait poussé dans le dos et dans les têtes aussi sûrement qu’un vent de force 6.
Mis à part un but refusé à Fadiga pour un hors-jeu en début de match, les Sénégalais ont rarement pris en défaut la défense turque bien regroupée autour d’Alpay. De ce match médiocre, on retiendra que Sénégal et Turquie n’auront cadré que deux tirs en 95 minutes. La faute à l’isolement de Fadiga, Diouf et Camara côté sénégalais, la faute à la maladresse presque comique d’Hakan Sükur côté turc. Trois fois, l’avant-centre de Parme s’est retrouvé en position de marquer, trois fois sa lenteur fut confondante. 
Avec le plus souvent deux, voire trois défenseurs turcs sur le dos, le match des attaquants sénégalais a ressemblé à celui d’un mauvais pivot de basket. Beaucoup de temps passé dos au but, peu de position préférentielle et zéro point au tableau d’affichage. Ils ont couru jusqu’à la dernière minute, mais avec une équipe coupée en deux, dans laquelle ni le milieu- Diao, Cissé, Bouba Diop - ni les latéraux n’avaient les moyens d’apporter le soutien comme contre la Suède, leur match fut agaçant de stérilité. Et c’est finalement  par ces côtés que le Sénégal flancha. Coly et Daf, peut-être les deux meilleurs Sénégalais de cette Coupe du Monde avant ce match, ont été hier, dépassé par l’aisance technique des deux joueurs mis dans les couloirs  par Gunes : Assan Sas et Ümit Davala. Et ce n’est pas un hasard si le but en or est venue d’une action côté droit menée par Ümit, déjà décisif contre le Japon. Le centre du joueur de l’Inter trouve un attaquant inspiré –enfin un ! - en la personne d’Ihlan Mansiz, rentré à l’heure de jeu à la place du pathétique Sükur. Sa reprise décroisée – superbe - en demi-volée trompe Tony Sylva. L’attaquant de Besiktas auteur de 20 buts cette saison, surnommé le «  Beckham turc » peut faire tourner son maillot dans le ciel d’Osaka. Les Turcs sont restés les plus forts. Et les Sénégalais, bien qu’éliminés, peuvent être fiers.
Joachim Barbier


Sénégal-Suède 2-1
Mais qui arrêtera les Lions de la Teranga ?
Grâce à un but en or d’Henri Camara dans la prolongation, le Sénégal a battu la Suède (2-1) et s’est qualifié pour les quart de finale de la Coupe du Monde ce matin à Oita.

C’est un authentique et véritable exploit que l’équipe du Sénégal a réalisé ce matin à Oita. Et du côté de Dakar , Kaolak, Saint-Louis ou Rufisque, les superlatifs vont sûrement manquer pour décrire la performance des Sénégalais qui rejoignent ainsi le Cameroun qui avait atteint ce stade de la compétition en 1990 en Italie. La victoire contre la France était déjà « historique » et « logique », c’est à peu près les deux même mots qui peuvent résumer la performance réalisée dans la moiteur d’Oita face à des Suédois qui ont eu le tord de reculer après avoir rapidement ouvert le score par Larsson.
Les sénégalais doivent leur victoire à un doublé d’Henri Camara. Le joueur de Sedan,  titulaire pour la première fois dans cette Coupe du monde, a tout d’abord remis ses coéquipiers en selle en égalisant à la 37e minute sur une frappe du pointu à ras-de-terre qui se niche dans le coin droit du but d’Hedman. A l’issue d’une deuxième mi-temps équilibrée où rien ne sera marqué, le joueur de Sedan profite du décalage provoqué par une belle talonnade de Pape Thiaw pour éliminer Mjälby épuisé. Le tir de l’attaquant sénégalais n’est pas à montrer  dans les écoles de football, mais il touche le bon côté du poteau et vient mourir dans les filets suédois. Les Sénégalais tiennent leur qualification grâce à ce but en or. Les Suédois avaient, quelques minutes auparavant, touché du bois mais l’enchaînement de Svensson - roulette, tir sur le poteau –   s’écrase  sur le poteau gauche. Rien ne pouvait arriver aux Sénégalais.
 
Joachim Barbier

 



La qualification du Sénégal
Historique et logique
Tout a déjà été presque dit sur le parcours du Sénégal dans cette Coupe du Monde en espérant qu’il reste encore beaucoup à écrire. Sorti invaincus d’un groupe dans lequel ils ont notamment battu, devant un bon quart de l’humanité, la France tenante du titre, les Sénégalais sont maintenant à la porte des demi-finales. Une qualification obtenue à l’arrachée contre la Suède grâce au doublé d’Henri Camara, à la fois historique et logique. Historique car avant ce deuxième but plaqué à l’or fin, seuls huit pays « non-européen » étaient parvenus à atteindre ce stade de la compétition depuis 1930. Au passage, on notera que depuis la première édition uruguayenne du temps où elle se nommait encore Jules Rimet, la Coupe du Coupe du Monde est peuplée de joueurs maudits propulsés au rang de héros national en moins de 90 minutes. Henri Camara est de ceux-là. Il avait même failli quitter la sélection après la CAN malienne. Conspué par le public pendant toute la compétition, y compris par les supporters des gaïndés, le joueur de Sedan s’est offert avec son doublé quelque chose à mi-chemin entre douce revanche et rédemption soudaine.
Logique, car les Joueurs de Bruno Metsu sont la meilleure équipe africaine de cette Coupe du Monde. Car au-delà de la valeur des joueurs des quatre autres formations, elle est arrivée à l’heure pour le début de ce mondial asiatique. La Coupe du Monde reste un mini-championnat joué sur un mois, avec au mieux sept matchs à négocier. Dès la première minute du match contre la France, elle a démontré, par sa rigueur, sa discipline, sa capacité à s’adapter à la tactique de ses adversaires, mai surtout son envie, sa densité physique et son talent, qu’il faudrait compter avec elle…même si à la bourse des bookmaker anglais, le «petit et inexpérimenté » Sénégal cote à 66 contre 1. Finalement, sans Fadiga, si brillant contre l’Uruguay et Diao, le joueur le plus influent de l’équipe depuis l’épopée malienne, les Lions de la Teranga ont semblé dimanche matin moins gênés par ces absences que la Suède privée de Ljungberg et Andersson, son capitaine.
Alors même si les Sénégalais se sont payés des moments de frousse -la deuxième mi-temps contre l’Uruguay, les 10 premières minutes contre la Suède - ils n’ont jamais donné l’impression de perdre totalement pied. Sans expérience à ce niveau, ils n’ont globalement pas commis ces erreurs individuelles qui coûtent souvent la qualification aux équipes africaines (et aux autres aussi) comme ce fut le cas, pendant cette Coupe du Monde, pour la Tunisie face à la Russie, l’Afrique du Sud contre l’Espagne ou pour le Cameroun face à l’Allemagne. On ne va pas faire d’Arendse, de Bouminjel ou de la défense centrale camerounaise des coupables idéaux à jeter en pâture aux adeptes du « y’a qu’à », mais le Sénégal s’est pour l’instant montrer suffisamment concentré, voir chanceux, pour s’épargner ce genre d’accidents de parcours.
A cet égard, leur état d’esprit est assez significatif. Au jeu des comparaisons avec les autres qualifiés du continent, le Sénégal s’est par exemple bien gardé de « tartariner » ses ambitions au nez de ses adversaires comme par exemple Onigbinde. L’entraîneur des Super Eagles n’a cessé, au cours de cette compétition, de répéter que « le Nigéria allait gagner la Coupe du Monde ». C’était un peu juste comme plan de bataille de la part d’un sélectionneur nommé il y a à peine trois mois. On sait depuis ce qu’il est advenu de la suffisance du coach nigérian, aussi lucide que certains vieux boxeurs à la veille du combat de trop.
A l’opposé, comment ne pas voir dans les déclarations des Tunisiens avant leur match contre le Japon l’illustration de leur peu d’audace sur le terrain. Avant ce match décisif, les Aigles de Carthage ne s’autorisaient que « très peu de chances » de se qualifier face au Japon, comme s’ils rédigeaient avant l’heure la préface de leur défaite annoncée. S’il est vrai que le pays co-hôte, en net progrès, avait, au cours de ses deux premiers matchs, semblé transcendé par l’événement, la modestie des Tunisiens a résonné comme l’expression d’un vague complexe d’infériorité. A égale distance du pêché d’orgueil des uns et de l’inhibition des autres, les Sénégalais de leurs côtés, attaquent chaque match intimement persuadés qu’ils peuvent le gagner. Cela peut paraître idiot, mais comme chacun le sait, tout commence avec une balle au centre et un score de 0-0.

 Joachim Barbier


 Danemark-Sénégal 1-1
Le Sénégal, un point et des occasions manquées
Les deux leader de la poule A ne sont pas parvenus à se départager dans la chaleur de Daegu, Diao répondant à un penalty transformé par Tomasson au début du match. Les Sénégalais ont dominé, notamment en deuxième mi-temps, et ont démontré, après leur match face à la  France, leur capacité à créer du jeu contre des Danois qui se sont progressivement éteints.
Entre deux équipes « physiques », les premières minutes de ce Danemark-Sénégal ont ressemblé à une sérieuse séance d’intimidation. C’est d’abord Ebbe Sand qui prend un carton jaune pour une vilaine faute sur Diao avant qu’un début de bagarre générale n’éclate suite à une faute sur Fadiga
À la 14e, Tomasson  récupère une remise en touche sur le côté droit, Diao tente de s’interposer mais bouscule dans le dos le joueur de Feyennord. L’arbitre siffle un penalty que Tomasson, déjà auteur des deux premiers buts danois contre l’Uruguay, transforme.
À la 17e, un corner de Fadiga est repris de la tête par Diao, Sorensen repousse la balle dans les pieds de Fadiga qui remet au centre sur Papa Bouba Diop dont le tir est dévié par Sorensen avant que l’arbitre ne siffle un hors-jeu de position de Diouf. Les Danois, de leur côté, sont à deux doigts de doubler leur avantage. Tomasson se voit refuser un but pour une main imaginaire et prend d’ailleurs un carton jaune sur l’occasion.
Les Sénégalais sont surtout dangereux sur coups de pied arrêtés. À la 42e, Fadiga à la suite d’un coup-franc, récupère la balle dans la surface, mais son tir du droit, trop écrasé, échoue à deux mètres des buts de Sorensen. À la mi-temps, le Danemark mène 1-0.
La deuxième période est commencée depuis deux minutes et les Sénégalais se procurent leur meilleure chance de marquer. Fadiga déborde sur le côté droit, adresse un centre que H. Camara reprend de la tête, mais sa reprise passe au-dessus de la transversale.
À la 51e, les Lions de la Teranga vont finalement parvenir à égaliser. Une contre-attaque diabolique de trois passes parvient à Fadiga qui lance Diao au centre de la défense danoise. Le futur joueur de Liverpool trompe Sorensen d’une petite balle de l’extérieur du pied et permet aux Sénégalais de revenir logiquement à la marque.
Sept minutes plus tard, Fadiga, qui permute de plus en plus souvent sur l’aile droite, manque de donner l’avantage au Sénégal. Bien lancé par H. Camara, le tir de l’ailier auxerrois finit dans les bras de Sorensen.
Les Sénégalais prennent de plus en plus l’ascendant sur une équipe danoise qui a bien du mal à ressortir et à conserver la balle au milieu du terrain, gênée, comme l’équipe de France, par l’impact physique des Diao et Bouba Diop.
À la 70e, les Sénégalais gâchent un belle occasion de comptabiliser leur domination.
El Hadji Diouf monopolise l’attention de deux défenseurs danois avant d’intelligemment passer à Souleymane Camara, seul dans la surface, dont le tir finit dans le petit filet des buts de Sorensen.
La partie se termine comme elle avait commencé. À la 79e, Diao est expulsé pour un tacle sur Henrinksen, tandis qu’Helveg est averti pour une faute sur H. Camara. Finalement, l’arbitre siffle la fin d’un match que le Sénégal, au vu de sa domination en seconde période, avait la possibilité de remporter.

Joachim Barbier

Senegal-france: 1-0
Le Sénégal sur le Toit du monde !

Grâce à une parfaite discipline tactique et le talent d’El Hadji Diouf, les Sénégalais ont dominé logiquement une équipe de France sans imagination pour le match d’ouverture de la Coupe du monde. Après cette victoire logique obtenue sur un but de Bouba Diop en première mi-temps, les sénégalais peuvent désormais rêver d’une qualification au second tour. 
Est-ce la tension inhérente au match d’ouverture ou l’opposition entre deux équipes à la même culture footbalistique, toujours est-il que la partie débute sur un faux-rythme. Les Sénégalais, grâce à un milieu de terrain très dense, offre délibérément la conduite du jeu à l’équipe de France, laissant El Hadji Diouf seul en pointe. Malgré son isolement, l’avant-centre lensois pose d’énormes problèmes à la charnière centrale Desailly-Leboeuf. A la cinquième minute, la star sénégalaise s’offre un petit-pont sur le capitaine français le long de la ligne de touche, centre pour Papa Bouba Diop, dont le tir, trop mou, finit dans les bras de Barthez. Privé de Zidane, les Français en panne d’inspiration et de solution se montrent incapable de trouver la brèche dans l’impeccable rideau défensif sénégalais. Il faudra attendre la 19ème minute pour voir les bleus orchestrer un semblant de mouvement offensif. Sur une balle en profondeur de Petit, Thierry Henry décale Trézeguet sur la gauche. Le meilleur buteur du Calcio crochète Diatta, mais sa frappe du droit heurte le poteau gauche de Sylva.
Bouba Diop envoie les sénégalais au paradis
Nullement impressionnés par cette alerte, les Lions de la Teranga jouent les coups à fond. A la 30ème minute, El Hadji Diouf, le meilleur joueur du match, mystifie Leboeuf sur le côté droit, son centre en retrait, touché par Petit puis Barthez, échoue finalement dans les pieds de Papa Bouba Diop  qui pousse le ballon dans les buts vides.  Le Sénégal ouvre en toute logique le score. Menés, les Français semblent incapables de réagir et de hisser leur football au niveau de leurs prétentions. Seul Djorkaeff à la 37ème minute taquine Sylva, mais son coup-franc des 25 mètres est bien capté par le gardien monégasque. L’arbitre siffle la mi-temps sur une énorme surprise. Le Sénégal mène 1-0
Sylva impérial
Dominé en agressivité pendant les 45 premières minutes, les français montrent un plus d’envie à l’entrée de la seconde mi-temps. Coup sur coup, les bleus sont à deux doigts de trouver le chemin des filets : sur une tête d’Henry, un tir de Djorkaeff des 25 mètres et une reprise de la tête de Vieira sur un corner de Petit. Mais à chaque fois, Sylva, impérial s’interpose devant les attaquants français.
Deux transversales en une minute
Les Sénégalais continuent d’opérer par contre-attaque en s’engouffrant dans les espaces. A la 64ème minute, les Lions de la Teranga s’offre une occasion de plier un match devenu forcément historique. Lancé sur le côté gauche, Fadiga enrhume Leboeuf de quelques gris-gris magique et frappe à l’entrée des 16 mètres, mais son tir puisant écrase la barre transversale de Barthez. Dans la minute qui suit, les bleus répondent du tac au tac, avec une action « copie carbone ». C’est Thierry Henry, qui après un contrôle dos au but, se retourne, et de l’entrée de la surface enroule un ballon qui vient mourir sur l’arrête des buts sénégalais. Dans les 10 dernières minutes, l’équipe de France collectionne les corners  sans vraiment inquiéter Tony Sylva qui se couche sur une dernière frappe de Lebeuf à la 85ème minute.
Pour leur premier match dans une phase finale de Coupe de Monde, les Lions signent un exploit digne de celui réalisé par le Cameroun en 1990. Les Gaïndé peuvent désormais rêver d’une qualification au second tour.

Joachim Barbier