Les Dossiers de Rifki Mohamed
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Le football national: Quel avenir?
Si le niveau du football marocain reste entre les mains chargées actuellement de son sort, on ne peut qu’attendre le pire des pires ! Car il faut beaucoup de changements comme on n'a cessé de le répéter précédemment.

A titre d’exemple, voici quelques constats reflétant d’une manière flagrante quelques défaillances à réparer d’urgence.

Au niveau des responsables de la FRMF et de l’amicale des entraîneurs :

- Dans le cadre d’un petit débat de sondage sur la compétence et les qualités et caractéristiques requises pour pouvoir assumer à bon escient la responsabilité et la gestion dans les instances responsables du football marocain, il a été constaté que ni la manière, ni le niveau de culture technico tactique de certaines personnalités prétendant être responsables de stages et formation de cadres techniques n’augurent le moindre optimisme qui puisse réconforter les cœurs quant à l’avenir de notre football.

Au niveau des clubs :

- Lors des séances d’entraînements des petites catégories et des jeunes dans les deux grands clubs de Casablanca, le Raja et le Widad Athlétic Club, notamment dans les séances de technico tactique, c’est le fiasco total : ni bon choix d’exercices appropriés avec objectifs bien précis ; ni intervention adéquate des cadres techniques pour corriger les défauts constatés …

Pire est qu’on croit encore par-dessus toutes ces lacunes, que les choses vont bon train et que tout marche bien!

Et que faut-il dire de l’initiation et du développement de la culture tactique chez les jeunes et moins jeunes comme ne cessent de le recommander les grands théoriciens du football moderne.


Quel avenir pour le football national peut-on alors attendre de responsables « prétendant » tout savoir et tout faire?

Voilà pourquoi ces deux grandes écoles ou d’autres encore ne donnent plus de joueurs comme par le passé !
- Voilà pourquoi le niveau du football national est des plus bas niveaux dans le continent africain, à part les FAR ….qui restent réguliers dans toutes leurs prestations…
- Voilà pourquoi on ne trouve plus de joueurs de notre championnat dans l’Equipe Nationale !
- Voilà pourquoi il n’y a plus de spectacle, pourquoi on ne distingue plus les équipes de l’élite de celles des districts et amateurs….
- Et voilà encore un autre facteur qui ravive la déception des passionnés de foot et qui les incite à renoncer à aller assister aux matches dans les stades !
- Voilà aussi un autre facteur latent qui est aussi responsable de cette colère et cette révolte des jeunes adolescents fans de leurs clubs, fervents et enthousiastes…

Ainsi la mise à niveau du football marocain ne pourra-t-elle connaître le vrai succès qu’avec le bon choix d’éléments honnêtes, compétents et connaisseurs jouissant aussi d’un minimum d’humilité et de civisme.

Dans notre football : « L’habit fait vraiment le moine. »

Toutefois, il faut saluer l'équipe des FAR ( Maroc) pour leurs dernières prestations sous la direction technique de notre cadre national Mr Mustapha MADIH qui a toujours été à la hauteur de ses tâches.
Franchement, soit avec l'OCK la saison précédente, soit cette année avec l’équipe des FAR, on assiste à un football moderne, un football total exemplaire, bien organisé, d'un niveau vraiment professionnel....Une évolution et une maturité tactique apparaît aussi dans les prestations de ses joueurs…

Voilà un cadre technique digne de ce nom : un modèle à imiter par nos cadres nationaux....

On n'arrive pas encore à comprendre pourquoi Mustapha Madih n'a pas été choisi pour la direction technique de l'une des équipes nationales marocaines, alors que ceux qui en sont chargés ne cessent de tâtonner à tort et travers.

 

 


wac-Ismaily
Un grand écart sur tous les plans entre les deux équipes .
On a vu durant tout le match, un Wydad hétérogène où régnait l’improvisation hasardeuse sans aucune coordination en l’absence d’une stratégie apparente caractérisée par des actions placées bien construites et efficaces.
Par contre, l’équipe égyptienne qui jouait comme chez elle , sans opposition aucune  ou pression, réussit à marquer sur un tir croisé de loin, le seul but de la partie dont la responsabilité incombe en grande partie au gardien widadi qui aurait dû fermer un peu plus l’angle. 
Ce qui reste encore intrigant et plus énigmatique, c’est ce choix tactique de Mr Lozano qui, au lieu d’opter – comme l’impose la logique -- dès le départ, pour l’offensive à outrance avec des joueurs à vocation plutôt offensive, tels que « Hicham Jouiâ et Saidi » qui sont connus par leur vivacité et leur combativité, a préféré introduire un effectif dont la majorité était égarée sur le terrain malgré les efforts forts louables de Hicham Louissi, Falah, Al Iraqui et Abderrafiq, seuls joueurs méritant leur place dans l’équipe.
A la mi-temps, avec l’introduction des deux dits attaquants, le WAC a certes montré un peu plus de détermination et d’engouement pour l’offensive, mais il manquait toujours la manière, et l’on ne pouvait tenir le coup devant ce bloc équipe égyptien mieux organisé , dont le style de jeu était simple et beaucoup plus réaliste.
En effet, certains joueurs du WAC – objectivement et sans aucune idée de chauvinisme :les deux africains -- n’ont pas du tout leur place au sein de ce club légendaire.
       Ainsi monsieur Lozano est-il appelé à revoir ses choix tactiques qui paraissent inadéquats dans la plupart des matches en dépit des éléments dont il dispose,…. et par rapport au jeu réaliste et efficace du Widad de l’ère de Romao.


Football marocain : Quelques facteurs responsables du « faible niveau »  souvent omis ou négligés

       Outre l’absence de transparence au niveau de la gestion du football national caractérisée par l’absence d’une vraie démocratie, que ce soit au niveau de la constitution des différentes commissions ou de la désignation des responsables techniques de l’équipe nationale d’une part, les défaillances au niveau des infrastructures qui empêchent de vraies bonnes prestations techniques des différents clubs qui souffrent à leur tour de la mauvaise gestion ou de déficiente budgétaire, il ne faut oublier aussi la formation technico tactique et des joueurs et des cadres.
       En effet, les mauvaises prestations répétées de la plupart des clubs dans notre championnat reflètent bien le réel niveau  de culture tactique des responsables techniques qui laissent beaucoup à désirer.
Selon une étude et des statistiques que j’ai établies à partir de nos stades, le nombre de fautes techniques ou tactiques commises par un grand nombre de joueurs et de coachs -- ( la liste est longue) – ne cessent d’augmenter sans compter les erreurs commises par contraintes de jeu ... Ni contrôle , ni contrôle orienté dans le bon sens, ni frappe de balle, ni précision… quand aux joueurs du milieu, on ne voit aucun digne de ce poste à part quelques  étrangers africains: rares sont les relances de jeu faites dans la bonne direction…
Où sont donc ces écoles et ces centres de formation qui bénéficient de subventions ? (ou ça rentre dans le business !!! ) ;
Où sont ces cadres diplômés  qui ne savent que ruminer inopportunément et à toute occasion, des recettes théoriques obsolètes qu’ils avaient avalées  depuis X temps.
Tout le monde est devenu commentateur de matches : les pseudo débats chaotiques  se multiplient à tort et à travers ! Un baratin vide de toute signification et une terminologie déplacée accompagnent audacieusement les matches en guise de commentaires… !!!
 
Cela dépasse l’imaginaire et nous laisse perplexes devant cette situation surtout quand on voit le niveau technique et l’efficacité d’autres pays arabes -- ou africains qui n’ont même pas le 1/100 de notre budget réservé au football –(le Togo, l’Angola, le Benin, le Mali, …) 
Cette situation décevante à laquelle est arrivé notre football après des décennies de prestige et de gloire est certainement l’un des facteurs qui incitent des spectateurs -- pour la plupart, des adolescents fervents et naturellement fanatiques --  au désarroi et à la violence dans nos stades.
Pour sortir notre football de cette impasse, il faut une réforme sur tous les plans.
       Ainsi la mise à niveau du football national ne pourra aboutir aux objectifs souhaités tant que  ces lacunes techniques et administratives ne seront pas comblées.
       Cela incite donc à une révision globale du système de gestion de notre football, donc divers débats et études objectives et minutieuses devront être menés dans un nouvel esprit empreint d’une vraie démocratie, du sens de responsabilité, d’un esprit d’une vraie citoyenneté et de l’amour de notre chère patrie : une action où les média doivent s’impliquer en étant les premiers concernés.

 

Points souvent omis ou négligés pour la mise à niveau du football national. (Maroc).

Pour sauver notre football de la mauvaise situation dans la quelle il se trouve actuellement, certaines démarches entre autres s’avèrent indispensables si les intentions de mise à niveau sont vraiment saines,  objectives et faites de bonne foi.

Les quelques points en bref :

1°)—Réélection du bureau fédéral en 1er lieu : élection basée sur la démocratie et la bonne foi, et non plus sur le favoritisme des profanes et l’exclusion des compétences.

2°)—Exclusion de la gestion des clubs des éléments déjà connus par leur incompétence , par leur mauvaise gestion ou par leur mauvaise réputation : donc, recherche d’éléments compétents et sérieux connus sur la sellette du football par leur dévouement et leur savoir faire. Et comme ils sont nombreux dans notre pays, ces éléments éloignés ou marginalisés !

3)—D’où nécessité de faire appel aux anciens : « joueurs , dirigeants et entraîneurs » de bonne moralité et ayant fait preuve de compétence en matière de gestion. 

4°)—Si l’on désire voir sur nos terrains de football, un  niveau de jeu mieux organisé,plus beau et plus spectaculaire, il est nécessaire d’organiser des colloques et séminaires pour les entraîneurs des différents clubs en vue d’échanges d’idées visant un certain rapprochement des différentes philosophies tant au niveau de la gestion technico tactique qu’à celui de la formation et la préformation.

Cela paraît un peu irréalisable compte tenu de la vulgaire conception que chaque entraîneur a sa philosophie personnelle, mais il s’agit là de faire preuve de sacrifice et d’humilité pour l’intérêt de notre football national et de sa sauvegarde de cette dégradation qui ne cesse de s’accroître avec le temps devant ce mutisme et cette indifférence insensés.

L’initiative de la constitution de l’Amicale des Entraîneurs de Football du Maroc émanant de ce vétéran et militant du football national, Mr Abdelhaq Rezkallah Mendoza d’une part, l’inauguration de cette instance par des stages et rencontres des cadres techniques d’une autre part, prouvent bien une prise de conscience du problème et cet initiative devra être enregistrée comme l’un des solides jalons dans la voie de mise à niveau du football national.

Cependant, il est à remarquer que le technico tactique a beaucoup évolué et que certaines théories sont par conséquent dépassées. Il s’avère ainsi indispensable que nos responsables techniques tiennent compte de ces nouveautés et sortent un peu de ce cadre limité des anciennes recettes stéréotypées, rigides et obsolètes.

5°)--Il faudra aussi revoir les programmes de préformation des jeunes et l’adapter aux nouveautés tant au niveau de la méthodologie qu’à celui de la philosophie et la conception :  « Privilégier l’apprentissage des concepts   tactiques dès le bas âge et confier les petits aux grands éducateurs expérimentés et bien formés et non plus aux cadres débutants comme on ne cesse de le faire.

Remarque : Ces suggestions sont destinées à presque tous les pays du continent africain où la gestion administrative et technique laisse à désirer.

 

Formation et innovation tactique.
 
( RIFKI MOHAMED-PROFESSEUR Chercheur-Maroc).
  Date: le .2 octobre 2006.................................
Problèmes technique et tactiques du football actuel :
Le football d’aujourd’hui devenu ennuyeux, laid, dépourvu de tout spectacle, est basé plus sur la peur de perdre, plus sur le souci de l’enjeu que sur la volonté de mieux jouer pour marquer des buts en vue de satisfaire et régaler un public et des passionnés avides des beaux gestes techniques et du beau spectacle d’antan.
En effet, cette méfiance qui hante la plupart des coachs depuis plus d’une décennie, notamment au niveau du football professionnel, serait relativement justifiée par la valeur des enjeux pragmatiques et financiers. Aussi une autre raison d’ordre technico tactique doit-elle être logiquement évoquée : « La priorité à l’organisation défensive » en l’absence de solutions offensives efficaces et de talents de taille  qui pourraient faire la différence à tout moment et qui permettraient les fantaisies footballistiques d’antan. La défaite du Brésil  qui a joué avec un milieu composé de joueurs à vocation purement offensive en quart de finale du mondial 2006 devant la France , donne bien raison à cette thèse.
Pour remédier à cette situation, il faudrait trouver des solutions dignes de rendre au football son charme et son efficacité perdus en tant que jeu spectaculaire qui faisait la joie et le bonheur du public. Comme dans presque tous les jeux collectifs, quand on arrive toujours à une impasse, la recherche d’autres solutions plus efficaces s’avère alors nécessaire, mais des solutions réfléchies, raisonnées, bien calculées qui font du jeu en tant que simple jeu, un domaine où convergent l’esprit critique, l’imagination et la créativité. L’histoire reconnaît le mérite de certaines maîtres et figures emblématiques qui, par leur talent, leurs théories ou leurs apports techniques, ont généré pas mal de tactiques à travers les différentes générations.
Or pour avoir maintenant cette aptitude à créer, à innover ou à rénover, il faudrait , outre l’expérience acquise à partir de la pratique sur le terrain , un esprit critique et bien instruit, doté de vastes connaissances et d’une culture technico tactique précoce. Ainsi, pour avoir ce type de compétences, l’on devrait y être initié depuis le bas âge, et pour ce, il faudra comme dans tout enseignement, confier les jeunes à des éducateurs expérimentés, donc à des experts en la matière,  et non plus à des débutants… Car c’est à cet âge là qu’il faut semer les premières graines de la créativité et de la sagesse, implanter les premiers jalons de l’érudition, armer l’esprit des différents outils et procédés durant son évolution, donc des différentes  compétences qui feront d’eux les joueurs et les cadres compétents à tous les niveaux.
Ainsi pourrait-on avoir des autodidactes dotés d’une certaine vision, d’une certaine philosophie et de grandes compétences, donc des joueurs et éducateurs bien armés pour l’avenir, aptes à rénover, à créer et à trouver les solutions adéquates à toutes les situations, et de là, à contribuer à une évolution technico tactique permanente du football.
 
Diplômes et problèmes de la formation :
Cela nous amène à parler aussi de ce problème que posent les diplômes devant un grand nombre de personnes sans diplômes,  mais capables de mieux donner, de mieux éduquer et de mieux former que certains diplômés. Là, il ne s’agirait absolument pas de dire qu’il faudrait confier cette mission d’encadrement à n’importe qui, mais cela signifierait tout simplement qu’on pourrait aussi confier la formation technico tactique aux anciens joueurs instruits et expérimentés au lieu de les exclure de cette mission par un règlement un peu préjudiciable à leur égard, même s’ils ne possèdent aucun diplôme (lisez sur l’enfance de Pélé, de Maradonna, de Zidane… et d’autres stars).
A cet égard, l’on devrait voir la philosophie du Canada et des USA quant à l’exploitation des différentes potentialités étrangères qui, sans diplômes et rien qu’avec leurs potentialités naturelles, c’est-à-dire, leur don, leur talent ou leur expérience, font des miracles dans tous les domaines de la recherche scientifique, technologique, médicale, artistique, sportive, bref dans tous les domaines de la création... C’est un cas à imiter quant au choix des cadres chargés de l’initiation technico tactique et de la formation des jeunes footballeurs surtout que la plupart des jeunes dans le monde préfèrent devenir des champions de football. Il ne faut donc pas continuer à risquer l’avenir de ces jeunes sous prétexte qu’ils sont confiés à des « diplômés » .On n’a qu’à comparer le niveau technique des différentes générations de footballeurs et de théoriciens : ce sont celles des années 60-70 jusqu’aux années 80 qui ont beaucoup donné au football et sur tous les plans.
Il s’agit donc là, d’une des solutions fondamentales si l’on veut vraiment hausser le niveau technique du football et de là même, contribuer à l’évolution tactique à travers de jeunes cadres dotés des différentes compétences qui feront d’eux les tacticiens et les théoriciens de l’avenir.
(A suivre ).