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A. Moizan nommé entraîneur de l'équipe
mauritanienne La Fédération mauritanienne de football (FFRIM) a présenté jeudi le technicien franco-sénégalais Alain Moizan, comme le nouvel entraîneur de l'équipe nationale A de football, les Mourabitounes. Selon la FFRIM, Moizan, engagé pour un salaire mensuel de 5000 euros va conduire les Mourabitounes pour les éliminatoires combinées Coupe du monde 2010 (CM 2010) prévue en Afrique du Sud et Coupe d'Afrique des nations (CAN 2010) prévue en Angola. Alain Moizan, ancien sociétaire de Monaco, Bastia et Lyon a été également international français. Pour les éliminatoires combinées CAN et CM 2010, la Mauritanie est dans le groupe 8 composé du Maroc, du Rwanda et de l'Éthiopie. ASC Mauritel remporte la Coupe nationale de la Mauritanie L'équipe de ASC Ma uritel a remporté la Coupe nationale de football de la Mauritanie en battant, dimanche à Nouakchott, celle de la Garde nationale aux tirs aux buts (3-2). A la fin du temps réglementaire les deux équipes étaient à égalité, zéro but partout. CAN-2008/Qualifications - Bostwana bat Mauritanie 2 à 1 Le Bostwana a battu la Mauritanie 2 à 1 (mi-temps: 2-0), en match des qualifications à la Coupe d'Afrique des Nations de football 2008 (groupe 2), samedi à Gaborone. Buts: Bostwana: Marumo (20), Selolwane (41) Mauritanie: Langlet (76) CAN-2008/Qualifications - Mauritanie et Egypte 1 à 1 La Mauritanie et l'Egypte ont fait match nul 1-1 lors d'une rencontre des qualifications (groupe 2) à la Coupe d'Afrique des nations 2008 (CAN-2008), dimanche à Nouakchott. Buts: Egypte: Ahmed Hassan (14) Mauritanie: Dominique Longo (69) NASR de Sebkha proclamé champion Nasr de Sebkha, un club de la banlieue sud-ouest de Nouakchott, a été proclamé cette semaine champion de Mauritanie pour la saison 2006- 2007 Cette décision a été prise mardi dernier par le comité directeur de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), réuni au grand complet. La FFRIM a attribué le titre à Nasr en donnant plusieurs matches perdus à un autre club de Nouakchott, ASAC Concorde, qui disputait la couronne avec les banlieusards. Concorde a été sanctionné pour avoir utilisé un footballeur du nom de Karamoko qui avait séjourné en Algérie pendant la saison écoulée. Contestation autour du titre de champion de football Le club Nasr Sebkha de Nouakchott, qui a remporté récemment le titre de champion de Mauritanie pour la saison 2006-2007, est confronté à une contestation émanant de l'Association sportive et culturelle Concorde (ASC Concorde). Nasr Sebkha a gagné le titre et que Concorde conteste et a présenté un recours en ce sens. Le litige ainsi évoqué est à l'origine d'un début de polémique qui a poussé l'hebdomadaire "Le Calame" à afficher, en manchette de son édition parue mercredi: "Nasr ou ASC Concorde: qui a gagné le championnat ?" L'hebdomadaire évoque même un scénario avec trois équipes disposant du même nombre de points et d'une égalité parfaite même au niveau du goal-différence, une situation inédite dans l'histoire du football mauritanien. Décès d`un ancien international du football mauritanien L`ancien gardien de but de l`équipe nationale de football de Mauritanie dans les années 1990, Lamine Diop, est décédé récemment aux Etats-Unis des suites d`un accident de la circulation. Après des débuts à Kaédi, l`ancien gardien de but des "Mourabitounes" -appellation de l`équipe nationale- a gravi rapidement les échelons grâce à un talent incontestable qui lui a permis de porter les couleurs de plusieurs clubs de Nouakchott comme l`ASC Sonader, l`ASC Sonelec, l`Ascam. |
Championnat
de Mauritanie - 13e journée: les résultats FC Khairy - Garde 2 - 1 Ahmedi - Mauritel 1 - 0 Trarza - Armée 1 - 2 SNIM - Concorde 0 - 1 Police - FC Nouadhibou 0 - 1 Ksar - Nasr 1 - 2 Classement: Pts J 1. Concorde 25 12 2. SNIM 22 13 3. Mauritel 21 12 4. Ahmedi 21 12 5. Ksar 20 12 6. Nasr 19 12 7. FC Nouadhibou 18 13 8. FC Khairy 13 12 9. Trarza 12 12 10. Police 10 12 11. Garde 10 12 12. Armée 7 12 Ligue africaine des clubs champions de football Le Football Club Sétif d’Algérie a étrillé SNIM de Mauritanie (5-1) en match aller comptant pour les préliminaires de la Ligue africaine des clubs champions, disputé vendredi à Nouakchott. Touil (8ème), Djediat (17ème), Serrey (85ème), Ziaya (87ème) et Adiko (90ème) ont marqué pour Sétif. L'unique but mauritanien est signé Ould Kahze à la 21ème minute de jeu sur penalty. Le match retour est prévu dans 15 jours en terre algérienne. Un nouveau président pour la Fédération mauritanienne de football L’Assemblée générale de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) a élu, samedi, un nouveau président à la tête de l'association en la personne de Mohamed Salem Ould Boukhreis, ainsi qu'un bureau composé de deux vice-présidents et d'un Secrétaire général Mauritanie: Démission des dirigeants du football L’entraîneur de l’équipe nationale de football de Mauritanie, Mustapha Sall dit Petit Sall, et son adjoint, Pape Seck, ont démissionné de leurs postes en guise de protestation "contre une campagne de dénigrement à leur encontre et des conditions de travail difficiles", a-t-on appris vendredi de source sportive à Nouakchott. La démission des deux techniciens mauritaniens intervient quelques jours après un match nul "héroïque" arraché par leurs protégés contre les Pharaons d’Egypte, champion d’Afrique en titre dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Ghana 2008 (groupe II). Les deux techniciens mauritaniens bénéficiaient de l’assistance du coach algérien, l’ancien international des années 1980, Ali fergany. 16 Mauritaniens convoqués pour le match contre l'Egypte Mustapha Sall, le sélectionneur de l'équipe nationale de Mauritanie, les "Mourabitounes", a convoqué 16 joueurs parmi lesquels 15 évoluant au pays et un au Gabon pour préparer le prochain match des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN, Ghana 2008) Le match retour contre les "Pharaons" d'Egypte, champion d'Afrique en titre, est prévu pour le 3 juin prochain à Nouakchott. Lors du match aller comptant pour la 3ème journée du Groupe 2 des éliminatoires de la CAN Ghana 2008, joué le 25 mars dernier au Caire, les Egyptiens ont largement gagné la partie par 3-0. La Mauritanie est classée 3ème dans ce groupe derrière l'Egypte, le Botswana et à égalité de points avec le Burundi. Liste complète des joueurs convoqués: Gardiens de but: Souleymane Diallo (Concorde), Samba Démbélé (Police) et Mohamed El Hacen (Garde). Défenseurs: Ely Alioune Mabrouk -SNIM), Sidi Achour (NASR), Mamadou Sibibé Diop (Mauritel), Bocar Coulibaly (Mauritel), Mohamed Ould Mohamed Lemine (Entente), Mohamed Hamoud (NASR). Milieux: Bayo N'Diaye (Concorde), Khattry Khourou (NASR), Téguédi Bahaida (Concorde), Bâ Mohamed Yacoub (us Bitam). Attaquants: Boubou N'diaye (Mauritel), Dominique Da Siva (Académie), Baila Sidi Diallo (Ksar). La Mauritanie perd en finale du tournoi ACNOA L'équipe de football mauritanienne des moins de 20 ans s'est inclinée 5 à 0 en finale contre le Mali, jeudi 28 décembre, lors des premiers jeux de la Fédération des Comités Olympiques Nationaux (FCON), à Bamako. La Mauritanie était parvenue en finale par suite du retrait du Cap Vert et du Sierra Leone et grâce à sa victoire 1 à 0 face à la Guinée, mercredi. Ce tournoi était organisé dans le cadre des préparatifs de l'équipe aux Jeux Africains 2007 à Alger. Les autres équipes participantes étaient le Sénégal et la Gambie Le Burundi bat la Mauritanie par 3 buts à 1 Le onze national du Burundi a battu dimanche à domicile celui de la Mauritanie sur le score de 3 buts à 1 en match comptant pour la deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), prévue en 2008 au Ghana. Les "Intamba" (Hirondelles) du Burundi ont inscrit leur premier but dès la deuxième minute de la première partie par l'intermédiaire de Yamin Selemani, l'attaquant vedette de l'équipe, ramené de la Tanzanie pour renforcer ses coéquipiers Les protégés du sélectionneur égyptien Lotfi Nassem ont marqué leur troisième but à la dernière minute de la première partie par le biais de l'attaquant Henri Mbazumutima, rejoignant les vestiaires avec leur cage inviolée, puisque les Mauritaniens ont raté un penalty à la 35ème minute. Ce n'est qu'au retour des vestiaires que le onze mauritanien a finalement réduit le score en marquant le but par le biais du numéro 2 Boha Brahim à la 50ème minute de jeu, soit cinq minutes après la reprise. Nasr de Sebkha remporte la 14 édition de la Coupe nationale Nasr de Sebkha, un club d'une commune de la banlieue sud-ouest de Nouakchott a remporté, vendredi soir à l'Office du Complexe Olympique (OCO) de Nouakchott, la 14ème édition de la Coupe nationale de Mauritanie en disposant du FC Trarza de Rosso (vallée du fleuve) sur le score de 1 but à zéro. |
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De
Saint-Louis, au cours du célèbre match entre le Sénégal et la
France, au désert mauritanien : ce livre raconte une découverte
de l’Afrique de l’ouest. Au centre de ces carnets de voyages, les
rapports humains sont souvent forts. Les rencontres se font dans la
poussière : sur le bord des routes, à bord de taxis-brousse ou
de train… Les bénéfices de cet ouvrage sont reversés à
l’association Frères de Foot (loi
1901) qui a pour objectif l’envoi de jouets, équipements sportifs
et ordinateurs dans des orphelinats et des clubs de football de
Mauritanie.
Carnets d'Afrique, Pierre Lepidi,
novembre 2004, éditions Polymédias. |
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Le
F.C. Nouadhibou, locomotive du football mauritanien De
notre envoyé spécial en Mauritanie : Pierre Lepidi Il
y a quelques dizaines d'années, il n'y avait rien ou presque à
Nouadhibou. Juste quelques bâtiments érigés entre l'océan Atlantique
et le Sahara. Terrain d'aviation mythique à l'époque de l'aéropostale,
Nouadhibou se situe au nord de la Mauritanie, à quelques kilomètres de
la frontière marocaine. Depuis deux ans, cette ville que l'on considère
comme la capitale économique de la Mauritanie (à l'inverse de
Nouakchott que l'on dit être la "capitale administrative"),
est aussi devenue le centre de gravité du football mauritanien. Son
club, le F.C. Nouadhibou, a ravi le titre de champion au terme de la
saison 2001, avant de le conserver l'année suivante. Pour
atteindre ses objectifs, le club au dauphin - emblème choisi en référence
aux pêcheurs Imraguen qui pêchent le long de la côte mauritanienne
avec l'aide des gentils cétacés - a appris à se structurer. Aziz
Boughourbal est arrivé aux commandes du F.C. Nouadhibou en 2000, avec
"l'envie de donner une
nouvelle impulsion sportive à cette ville et surtout permettre aux
gamins de s'épanouir dans le football." Patron d'une société
de pêche, le président n'a alors pas encore trente ans mais déjà
beaucoup d'idées. La première est de donner au club un local digne de
ce nom, espérant aussi l'insérer dans le tissu social. Il a créé une
école de football, la première du pays (pour les minimes), en mettant
notamment en place un système de cotisations pour permettre "aux
plus favorisés d'acheter shorts et maillots pour tous." Au
terme de sa première saison à la tête du club, l'équipe première a
pris la troisième place du championnat national. Chez
les minimes dès l'année suivante (au total près de 80 la première
année), les résultats ne se sont
pas fait attendre. Au Mondialito, tournoi qui a lieu annuellement
aux Iles Canaries et qui rassemble jusqu'à 52 sélections, les jeunes
Mauritaniens du F.C. Nouadhibou "avec
leurs maillots un peu larges mais une combativité sans égale",
se sont adjugés le trophée, en s'imposant face à des équipes
d'Espagne, d'Allemagne, d'Amérique du Sud... C'est là que s'est
produit réellement le déclic au sein du club, là que de nouvelles
ambitions se sont dessinées. Encouragée par cette victoire, la BMCI,
l'une des principales banques de Mauritanie, est alors devenue sponsor
du club. Si elle a facilité la réalisation des premiers projets, elle
lui a aussi permis d'acquérir son âme. La saison suivante, le F.C.
Nouadhibou a gagné le titre de champion de Mauritanie en séniors, le
premier de son histoire, avant de le conserver en 2002. Après leur
dernier match, les joueurs, entassés dans le pick-up de leur président,
ont alors fait le tour de la ville. Comme partout lorsqu'une équipe enlève
un titre ? Pas vraiment. Dans l'histoire de la Mauritanie, des sportifs
locaux n'avaient jamais connu de tels honneurs. "L'engouement
qu'ils ont suscité a dépassé toutes nos espérances" se
souvient Aziz Boughourbal. Aujourd'hui,
les locaux du F.C. Nouadhibou s'étalent sur une surface d'environ 1 000
m² répartis en deux blocs. On trouve à l'intérieur une salle pour
entreposer le matériel (ballons, chasubles, plots, magnétoscope pour visualiser les
matches...), des chambres où vivent au quotidien 14 joueurs, une salle
polyvalente destiné aux cours et même une autre... de musculation,
l'une des seules de ce pays où le sport n'a jamais été considéré
comme une priorité. "La
salle de musculation est gratuite pour les joueurs du club qui peuvent
venir s'entraîner tous les matins indique Ahmed ould Abderahmane,
vice-président. L'après-midi en revanche, elle est réservée à nos adhérents, une
cinquantaine au total." Dans ce pays musulman et très
pratiquant, hommes et femmes ont des horaires aménagés. Certains
joueurs de l'équipe fanion sont aujourd'hui professionnels. Beaucoup
travaillent au sein du club (qui compte une vingtaine d'employés à
temps plein), d'autres perçoivent seulement des primes. Aujourd'hui, le
F.C. Nouadhibou, qui compose l'ossature de la sélection nationale (avec
7 joueurs dont Douahi Ouessou et Bocar Coulibaly), veut voir encore plus
loin. S'il présente des équipes dans toutes les catégories de jeunes
(il a ouvert deux écoles de foot dans la ville : F.C. Nouadhibou nord
et centre), il mise beaucoup sur ses cadets pour assurer sa relève, et
pourquoi pas s'illustrer enfin sur le plan continental. En février
2003, lors du premier tour de la CAF, le F.C. Nouadhibou a battu Niamey
(2-1) au match aller. Il a ainsi donné au football mauritanien sa première
victoire en match officiel depuis 8 ans ! Mais, dominé (1-0) au match
retour, l'aventure des mauritaniens s'est arrêtée au Niger. Le
F.C. Nouadhibou se trouve aujourd'hui en contact avec Le Mans, dont des
émissaires sont attendus l'hiver prochain, et Nantes. La saison 2001,
l'année du premier titre, le club a célébré son premier transfert,
celui de son gardien de but Cheikh Sarr vers le club de Tlemcen (D1 algérienne).
"La Mauritanie se situe géographiquement
à un carrefour entre le Maghreb et l'Afrique explique Ahmed ould
Abderahmane, grand supporter du F.C. Barcelone. En généralisant, on peut dire que les joueurs d'ici ont un peu la
technique des premiers et le physique des seconds. Reste ensuite à les
adapter au football de haut niveau." Finalement
à Nouadhibou, il ne manque plus qu'un stade. Un vrai. Celui sur lequel
joue l'équipe est bosselé, recouvert de sable et n'a même pas de
gradins. A quelques centaines de mètres de la ligne de touche, il y a même
la piste de l'aéroport, celle-là même où Mermoz et Saint-Exupery
venaient se poser pour livrer leur courrier. A cette époque, Nouadhibou
s'appelait Port-Etienne et dans la région, le football n'existait pas
encore.
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LE
FOOT MAURITANIEN VEUT PASSER DE L'OMBRE A LA LUMIERE
Dans leur sillage, les sénégalais ont inspiré bien des rêves.
En suivant les exploits d'El-Hadji Diouf et ses partenaires lors de la
dernière Coupe du monde, la Mauritanie s'est découvert une authentique
passion pour le ballon rond. D'Atar à Zouerat, de Nouakchott à
Nouadhibou, le pays a vibré, chaviré, pleuré au rythme des
"Lions de la Teranga". De nouvelles ambitions semblent nées.
Le sport n'a jamais occupé en Mauritanie la place qu'il occupe
ailleurs. Il a longtemps été exclu de la culture, de la mentalité de
ce pays grand comme 1,9 fois la France et peuplé de 2,7 millions
d'habitants. "Il n'y a pas si
longtemps, il était même mal vu de courir en short derrière un ballon
après 16-17 ans. L'activité sportive n'a jamais fait partie de notre
vie" analyse Sidi Moktar Cheiguer, directeur de publication du
mensuel l'Essor. Si le sport
est enseigné à l'école (aux garçons), il n'est guère pratiqué une
fois les études terminées. Les infrastructures manquent, les priorités
sont ailleurs. "Pendant des
années, j'ai caché à mes parents que je jouais au football se
souvient Moustapha Sall, ancien meneur de jeu (22 sélections) de l'équipe
nationale. Mon père l'a découvert
presque par hasard, en lisant les journaux." Lors de compétitions
internationales, les athlètes mauritaniens sont toujours restés très
discrets. Les Mourabitounes, l'équipe nationale de football surnommée
ainsi en référence aux guerriers Al-Moravides, ne se sont jamais
qualifiés pour une Coupe d'Afrique des Nations, encore moins pour une
Coupe du monde.
Le
football mauritanien a aussi souffert d'une gestion hasardeuse. Son
histoire "est jalonnée de
dissolutions de fédérations et de créations de comités nationaux
provisoires (CNP) qui se révéleront tous inadaptés et inefficaces
a écrit récemment dans ses colonnes Le
Calame, un quotidien indépendant de Nouakchott (interdit à trois
reprises et saisi 31 fois). Les
CNP vont se succéder avec une rapidité si fébrile que le public
n'aura presque jamais le temps de comprendre ce qu'on lui présente...
La préoccupation majeure des CNP a toujours été la gestion de l'immédiat,
avec à la clé des raclées pour l'équipe nationale." Le
football national mauritanien a longtemps vivoté, navigué de défaites
en désillusions. Certaines, comme un 6-0 enregistrée face à la Sierra
Leone en 1988, restent dans toutes les mémoires. Laxisme, utilisation
douteuse des fonds... le football mauritanien a cumulé plusieurs maux.
On raconte qu'en 1994, les joueurs ont été retenu en otages une journée
au Mali, parce que leur frais d'hôtel n'avait pas été réglé par la
fédération... un
club mauritanien s'était hissé jusqu'en 16e de finale. C'était en
1994, il y a une éternité... Au plan national, l'équipe des
Mourabitounes est engluée dans les méandres du classement FIFA. Logée
à la 178e place (sur 203 pays classés), elle a perdu cette année
encore une position. "Elle
termine juste devant les pays qui ne jouent pas au foot, comme les Iles
Cook ou Aruba !" ironise t-on parfois. Avec deux défaites en
autant de matches - devant le CapVert 0-2 et au Togo 1-0 - , la
qualification pour la CAN 2004 est d'ores et déjà compromise.
Mais
si le football mauritanien a besoin d'enthousiasme et d'impulsion, il a
aussi grandement besoin de moyens. Les clubs n'ont pas ou peu
d'infrastructures. Le matériel est rare, précieux. Ici, on s'entraîne
encore sur des terrains vagues, des plots faisant office de but. Un club
comme l'ASAC Concorde, qui a terminé la saison dernière à la 4e
place, ne dispose par exemple que de huit ballons. "Lors
des séances de tirs, les joueurs ne font que deux ou trois passages
raconte Moustapha Sall, l'entraîneur du club aussi surnommé le "Zizou
de Mauritanie" Il faut
constamment chercher les ballons sur la route, prier pour que les
voitures qui passent ne les écrasent pas !" Les joueurs sont
amateurs. Si ceux qui évoluent dans des équipes privées (comme
Mauritel) perçoivent environ 50 euros/mois pour leur talent balle au
pied, les primes de match des autres ne dépassent guère 10 euros. Les
rencontres officielles (à l'exception de celles de l'équipe nationale
qui se disputent sur la pelouse du stade Olympique, 10 000 places) se
jouent sur du sable. Les lignes du terrain sont tracées avant la
rencontre avec de l'huile de vidange usagée.
La
Coupe du monde 2002 a insufflé un engouement palpable. A toute heure de
la journée dans Nouakchott, des parties s'improvisent. Les matches de
championnat se jouent aujourd'hui devant environ 400 spectateurs (la
place coûte 0,50 centime d'euro) et certains joueurs sont désormais
reconnus. Parmi eux, il y a Abou Sidibe, libero de l'ASC Garde et
capitaine des Mourabitounes, Brahim Melha, attaquant de l'ASC Garde,
Boubou Diabira, milieu de terrain de l'ASAC Concorde et cadre commercial
à la SOMELEC (société d'électricité). Sur les dix équipes qui
constituaient le championnat la saison dernière, huit venaient de
Nouakchott, la capitale. Pour la saison 2003, qui débutera courant février,
les favoris s'appellent : F.C. Nouadhibou, NASR Sebkha, ASAC Concorde,
Mauritel, ASC Garde. Mais l'Armée et la Police, qui ont aussi leur équipe,
peuvent jouer les trouble-fêtes.
Pour
sortir le football mauritanien de sa torpeur et de ses travers, il
fallait un électrochoc, une prise de conscience collective. Et si le
parcours du Sénégal et l'enthousiasme qu'il a suscité à travers le
pays étaient ceux là ? Beaucoup veulent y croire. Dernièrement, un
groupe de jeunes hommes d'affaires de Nouakchott a pris en main les
destinées du football mauritanien. Lassés de le voir végété, ils
ont promis de lui insuffler un sang nouveau et surtout "de
servir ce sport et non de s'en servir". Depuis l'épopée des
Lions de la Teranga, ils sont comme une oasis d'espoir au milieu d'un désert
sportif. Les mirages mauritaniens n'ont que trop duré.
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