Sénégal-Turquie 0-1
Les Lions n’avaient plus la force
La fabuleuse
aventure des sénégalais s’est terminée ce matin à Osaka. Les
Lions ont été battus 1-0 par la Turquie, un but en or marqué par
Ilhan Mansiz à la 95e minute. Comme le Cameroun en 1990,
les Sénégalais quittent la Coupe du Monde au stade des
quarts-de-finale. Même s’il aura fallut attendre une courte
prolongation pour que le sort bascule finalement du côté des hommes
Senol Günes, les Lions de la Teranga n’avaient semble-t-il pas -ou
plus -les ressources physiques et mentales pour arracher le droit de
rencontrer le Brésil. Tombés si près d’un demie-finale historique
pour tout un continent qui de Kampala à Accra, de Johannesburg à Lomé
– a pleuré après le but d’Ilhan, les Sénégalais ne peuvent
nourrir et encore moins mourir de regrets. Les turcs étaient
meilleurs hier. Et la défaite des Lions a vite semblée inéluctable.
A Osaka, il à manqué aux Sénégalais ce qui avait fait
jusqu’alors leur force : vitesse, impact physique et
enthousiasme, bref ce fameux « Diom », ce fighting spirit
qui les avait poussé dans le dos et dans les têtes aussi sûrement
qu’un vent de force 6.
Mis à part un but refusé à Fadiga pour un hors-jeu en début de
match, les Sénégalais ont rarement pris en défaut la défense
turque bien regroupée autour d’Alpay. De ce match médiocre, on
retiendra que Sénégal et Turquie n’auront cadré que deux tirs en
95 minutes. La faute à l’isolement de Fadiga, Diouf et Camara côté
sénégalais, la faute à la maladresse presque comique d’Hakan Sükur
côté turc. Trois fois, l’avant-centre de Parme s’est retrouvé
en position de marquer, trois fois sa lenteur fut confondante.
Avec le plus souvent deux, voire trois défenseurs turcs sur le
dos, le match des attaquants sénégalais a ressemblé à celui d’un
mauvais pivot de basket. Beaucoup de temps passé dos au but, peu de
position préférentielle et zéro point au tableau d’affichage. Ils
ont couru jusqu’à la dernière minute, mais avec une équipe coupée
en deux, dans laquelle ni le milieu- Diao, Cissé, Bouba Diop - ni les
latéraux n’avaient les moyens d’apporter le soutien comme contre
la Suède, leur match fut agaçant de stérilité. Et c’est
finalement par ces côtés
que le Sénégal flancha. Coly et Daf, peut-être les deux meilleurs Sénégalais
de cette Coupe du Monde avant ce match, ont été hier, dépassé par
l’aisance technique des deux joueurs mis dans les couloirs
par Gunes : Assan Sas et Ümit Davala. Et ce n’est pas
un hasard si le but en or est venue d’une action côté droit menée
par Ümit, déjà décisif contre le Japon. Le centre du joueur de
l’Inter trouve un attaquant inspiré –enfin un ! - en la
personne d’Ihlan Mansiz, rentré à l’heure de jeu à la place du
pathétique Sükur. Sa reprise décroisée – superbe - en demi-volée
trompe Tony Sylva. L’attaquant de Besiktas auteur de 20 buts cette
saison, surnommé le « Beckham turc » peut faire tourner
son maillot dans le ciel d’Osaka. Les Turcs sont restés les plus
forts. Et les Sénégalais, bien qu’éliminés, peuvent être fiers.
Joachim Barbier
Sénégal-Suède
2-1
Mais
qui arrêtera les Lions de la Teranga ?
Grâce à un but en or d’Henri Camara dans la prolongation, le Sénégal
a battu la Suède (2-1) et s’est qualifié pour les quart de finale
de la Coupe du Monde ce matin à Oita.
C’est
un authentique et véritable exploit que l’équipe du Sénégal a réalisé
ce matin à Oita. Et du côté de Dakar , Kaolak, Saint-Louis ou
Rufisque, les superlatifs vont sûrement manquer pour décrire la
performance des Sénégalais qui rejoignent ainsi le Cameroun qui
avait atteint ce stade de la compétition en 1990 en Italie. La
victoire contre la France était déjà « historique » et
« logique », c’est à peu près les deux même mots qui
peuvent résumer la performance réalisée dans la moiteur d’Oita
face à des Suédois qui ont eu le tord de reculer après avoir
rapidement ouvert le score par Larsson.
Les
sénégalais doivent leur victoire à un doublé d’Henri Camara. Le
joueur de Sedan, titulaire
pour la première fois dans cette Coupe du monde, a tout d’abord
remis ses coéquipiers en selle en égalisant à la 37e
minute sur une frappe du pointu à ras-de-terre qui se niche dans le
coin droit du but d’Hedman. A l’issue d’une deuxième mi-temps
équilibrée où rien ne sera marqué, le joueur de Sedan profite du décalage
provoqué par une belle talonnade de Pape Thiaw pour éliminer Mjälby
épuisé. Le tir de l’attaquant sénégalais n’est pas à montrer
dans les écoles de football, mais il touche le bon côté du
poteau et vient mourir dans les filets suédois. Les Sénégalais
tiennent leur qualification grâce à ce but en or. Les Suédois
avaient, quelques minutes auparavant, touché du bois mais l’enchaînement
de Svensson - roulette, tir sur le poteau –
s’écrase sur le
poteau gauche. Rien ne pouvait arriver aux Sénégalais.
Joachim
Barbier
Tunisie-Japon 0-2
Des aigles de Carthage bien inoffensifs
Battue logiquement 2-0 par le Japon, la Tunisie quitte
la Coupe du Monde en terminant dernière d’un groupe qui a aussi vu
la qualification de la Belgique. Ce dernier match a confirmé les
insuffisances et les limites d’une équipe de Tunisie où seul Ben
Achour, le meilleur joueur de la sélection pendant ce tournoi, a
surnagé face à des Japonais sereins et appliqués.
France et Tunisie, même destin. Même résultat et même constat.
Comme les bleus déjà rentrés aux pays, la Tunisie, obligée de
remporter ce dernier match 2-0 pour accrocher sa qualification,
s’est finalement inclinée ce matin sur ce même score. Et à l’image des champions du monde déchus, les Aigles de
Carthage ne sont jamais apparus en mesure d’inverser le cours des
choses. Battus par deux buts inscrits en deuxième mi-temps, ils se
sont montré trop timorés tout au long d’un match facilement maîtrisé
par le Japon de Troussier. La première mi-temps est sans éclat. La
Tunisie où Clayton retrouve une place de titulaire, débute
prudemment et comme le Japon n’ a besoin que d’un point pour
assurer sa qualification et rentrer dans l’histoire, la première
demi-heure du match relève de l’anecdote. Les Tunisiens semblent
surtout soucieux de ne pas encaisser de buts. Un objectif incongru à
la lecture du classement de ce groupe H où mathématiquement toutes
les équipes peuvent encore se qualifier. Il faut attendre la 34eme
minute pour assister à l’ébauche d’un début d’occasion de
but. Une frappe à l’entrée de la surface signée Yanagisawa sur
laquelle Boumnijel se détend. Deux minutes plus tard, les Tunisiens
sortent enfin de leur coquille. A la suite d’un mouvement amorcé
par Ben Achour, relayé par Melki, Jaziri frappe mais n’inquiète
pas Narazaki. Après une tête de Badra
pas assez appuyée et une action de Trabelsi, stoppé par Toda
et sur laquelle l’arbitre aurait pu siffler un penalty, Gilles
Veissières siffle la fin des 45 premières minutes.
A la mi-temps Japon et Tunisie 0-0
Au retour des vestiaires, Philippe Troussier a décidé de faire
rentrer Ikishira et Morishima. Trois minutes plus tard,
Morishima remercie, de la plus belle des façons, la confiance
de l’entraîneur français en ouvrant le score. Le joueur d’Osaka
profite d’une balle mal dégagée par la défense tunisienne et
trompe d’un tir du droit à mi-hauteur Boumnijel. Le Japon mène
1-0.
Comme
la révolte des Tunisiens se fait attendre, les Japonais, sereins,
continuent de se créer des occasions sans donner l’impression de
forcer leur talent. Ono, d’une tête smashée, Myamoto, d’une
frappe puissante, inquiètent tour à tour Boumnijel. L’heure de jeu
sonne le réveil des Aigles de Carthage. Mais le tir de Jaziri, bien
plus performant que contre la Belgique, est contré par Myamorole, le
capitaine masqué. La réplique du Japon est immédiate et elle secoue
l’Archipel. Sur un centre d’Ishikawa, Nakata, dans la surface,
pique sa tête, la ballon rebondit sur le talon de Boumnijel et finit
sa course au fond des filets. Virtuellement éliminés, les Tunisiens
se procurent dans les dix dernières minutes deux occasions de sauver
l’honneur. A la 82e minute, le tir de Zitouni, rentré en
cours de partie, est détourné par un défenseur japonais sur la
barre des buts de Narazaki. Et à la 90e,
le tir de Ben Achour échoue sur le petit filet des buts
japonais. La Tunisie est éliminé. En invité discret de cette Coupe
du monde, elle laisse son hôte, le Japon, célébrer une
qualification historique
Joachim Barbier
Espagne-Afrique du Sud
L’Afrique du Sud laisse filer la qualification
Les Bafana Bafana, malgré une courte défaite (2-3) contre
l’Espagne, se sont fait éliminer au nombre de buts marqués par le
Paraguay, vainqueur 3-1 de la Slovénie. L’Afrique du Sud, revenue
deux fois au score, a sombré physiquement dans la dernière
demi-heure et n’a pas trouvé les ressources pour accrocher une
qualification qui lui tendait les bras.
Déjà qualifiée après ses deux victoires, l’Espagne aligne
une équipe renouvelée à 50%, Camacho ayant choisi de faire tourner
son effectif alors que Jomo Sono fait confiance au vainqueurs de la
Slovénie pour tenter d’arracher une qualification au second tour.
Le mystique entraîneur des Bafana Bafana avait-il oublié
d’invoquer une protection divine contre les buts gag ? Car après
moins de 4 minutes, l’Espagne mène déjà 1-0 sur une offrande d’Arendse
à Raul. Le gardien sud-africain laisse échapper une inoffensive
balle en profondeur de Morientes, et l’avant-centre madrilène, à
l’affût, n’a plus qu’à pousser le ballon dans les filets.
Durant ce premier quart d’heure, la formation espagnole où l’on
retrouve pour ce match de nombreux joueurs du FC Valence, le champion,
gène considérablement l’Afrique du Sud par sa capacité à jouer
dans les intervalles et une technique collective supérieure. Et comme
sur le côté droit, Joaquin apporte presque systématiquement le
danger par ses accélérations et ses débordements, l’Afrique du
Sud en est réduite à colmater les brèches. Il faut attendre la 20e
minute pour voir les « Sudaf » sortir la tête de l’eau.
Zuma adresse un tir à ras de terre qui passe de peu à droite des
buts de Casillas suite à une bonne série de dribbles de Fortune.
A la 30e minute, un centre de Joaquin trouve la tête de Morientes,
seul à 6 mètres, mais Arendse, d’un magnifique arrêt réflexe,
s’offre un début de rédemption.
Cette balle de 2-0 va sonner le retour aux affaires des Sud-africains.
Un centre de Fortune, un peu trop long, est remis de la tête dans la
surface espagnole, Mac Carthy s’arrache
et égalise d’une frappe qui caresse le ventre de Casillas sorti
trop tard.
Dans la foulée de cette égalisation, les Sud-africains font jeu égal
avec l’Espagne sans pour autant se créer d’occasions franches.
Et alors que l’on joue les arrêts de jeu de cette première
mi-temps, l’arbitre sanctionne une faute sur Mendieta à l’entrée
de la surface. Le meneur de jeu de la Lazio choisit le côté droit du
but d’Arendse et comme le gardien ne bouge pas une oreille sur la
frappe de l’Espagnol, les Sud-africains rentrent aux vestiaires avec
un but de retard.
A la mi-temps Espagne- Afrique du Sud 2-1.
Cueillis par ce de but encaissé juste avant la mi-temps, les
Sud-africains vont réagir par l’intermédiaire de leur capitaine. A
la 53e minute, Lucas Radebe se trouve au deuxième poteau
à la réception d’un corner détourné par Helgueira et égalise
d’une tête piquée.
Le match est ouvert, tellement ouvert que les Sud-africains ne vont
tenir leur match nul, synonyme de qualification assurée, que trois
minutes. L’action est un classique de la soirée. Joaquin, se débarrasse
de Carnell, repique au centre et d’un centre, trouve Raul, embusqué
derrière Radebe. L’avant-centre du Real marque de la tête et peut
fêter, d’un baiser à son alliance, son premier doublé de cette
Coupe du monde.
Revenus deux fois à la marque, les Bafana Bafana ne trouvent pas les
ressources pour aller chercher des Espagnols qui font sereinement
courir le ballon. La dernière demi-heure voit les Sud-africains
sombrer physiquement face à des Espagnols toujours aussi dangereux.
Tour à tour, Helguera, Luque rentré en cours de jeu et Luis Enrique,
qui a remplacé Raul, auront l’occasion d’aggraver le score, mais
les réflexes d’Arendse ou l’imprécision des attaquants espagnols
maintiennent les Sud-africains sous perfusion. A ce moment de la
partie et malgré la défaite, les Bafana Bafana sont toujours qualifiés.
Jusqu’à la 85e minute. Le Paraguay vient de marquer un
troisième but qui élimine, au nombre de buts marqués, l’équipe
de Jomo Sono. Pour ces cinq dernières minutes fatales, les bons
esprits avaient abandonné l’entraîneur sud-africain.
Joachim Barbier
Tunisie-Belgique 1-1
La Tunisie s'offre du répit
A
l'issue d'une partie crispante et équilibrée, la Belgique et la
Tunisie ont réalisé un match nul qui n'arrange personne. Les Belges
ont ouvert la marque par Marc Wilmots mais les Aigles de Carthage ont
rapidement égalisé sur un joli coup franc de Bouzaiene .
Si ce nul ne va certes pas améliorer
les relations déjà tendues entre Robert Waseige, le sélectionneur
belge, et les journalistes flamands, très critiques après le match
contre le Japon, il offre en revanche à Ammar
Souayah et à son équipe le droit de rêver de qualification
malgré un seul petit point au compteur. Pour cela, il faut impérativement,
comme la France, battre par deux buts d'écart les Japonais vendredi
après-midi.
En attendant ce match décisif, les Tunisiens privés de Sellimi laissé
sur la banc, se sont montrés en léger progrès ce matin à Oita.
Tout au long de ces 90 minutes, ils n'ont pas répété les erreurs
individuelles qui leur avaient coûté si cher contre la Russie. Ils
ont eu le mérite de réagir rapidement à l'ouverture du score de
Marc Wilmots, qui, dès la 12e minute reprenait aux six mètres
une déviation de la tête de Strupar. Quatre minutes plus tard, un
coup-franc était sifflé par l'arbitre australien pour sanctionner
une faute sur Ben Achour. A 22 mètres, Bouzaiene enroulait du gauche
un amour de ballon qui trompait De
Vlieger. Revenus au score, les Tunisiens allaient alors réalisé leur
meilleure séquence grâce à des transmissions rapides qui prenaient
de vitesse les immenses défenseurs belges. Jaziri, deux fois mis en
orbite par des balles en profondeur de Trabelsi ne peut convertir en
but la domination tunisienne en cette fin de première période.
A la mi-temps, Belgique et Tunisie 1-1.
De retour des vestiaires, l es défenseurs tunisiens doivent composer
avec un nouvelle attaque belge puisque Robert Waseige a décidé de
faire rentrer Sonck et Wermants à la place de Strupar et Verheyen.
Il n'empêche que la première occasion de ce cette deuxième mi-temps
est signée Ghodbhane. Et elle est surtout magnifique. Une reprise de
volée des 25 mètres sur un centre de Ben Achour. La trajectoire est parfaite, si ce n'est qu'elle frôle le
poteau droit de De Vlieger et qu'elle ne rejoindra pas au Panthéon de
la précision celle de Zidane en finale de la Champion's League. Les
Belges de leurs côtés ont le plus souvent le ballon mais ne savent
pas vraiment quoi en faire à l'approche des 18 mètres tunisiens.
Seul Bart Goor à la 63e minute profite d'un bon service de
Wilmots pour inquiéter Boumnijel. Entre l'attentisme des Tunisiens et
le peu d'inspiration des Belges, la partie baisse en intensité. Il
faudra attendre les 5 dernières minutes pour voir les Aigles de
Carthage s'illustrer offensivement. Deux frappes lointaines signées
Ghodbhane. La première est difficilement repoussée par De Vlieger,
la deuxième, toute aussi puissante, frôle la transversale du gardien
belge.
Joachim
Barbier
Suède-Nigéria
2-1
Larsson
renvoie les Super Eagles à la maison
Après
avoir ouvert la marque par Ahgahowa, les Super Eagles ont été rejoints
et finalement battus sur un doublé d’Henrick Larsson. Cette deuxième
défaite concédée à l’issue d’un des matchs les plus emballants
de ce début de Coupe du Monde scelle l’élimination du Nigéria.
« Jamais deux sans trois » dit l’adage. Les Nigérians
auraient aimé qu’il se vérifie ce matin dans la moiteur de Kobé,
mais contrairement à 94 et 98, Okocha et ses partenaires ne passeront
pas le premier tour de ce groupe de la mort où la qualification va désormais
se jouer à trois. A l’issue de 90 minutes de folie, les Suédois se
sont imposés sur un doublé d’Henrick Larsson. Ironie du sort,
c’est sur une mauvaise relance du gardien nigérian Shorumnu, si
brillant face à Batistuta et les attaquants Argentins vendredi, que
Larsson obtint la faute et le penalty décisif à la 61e
minute. Avant cela, les Nigérians, grâce notamment à un Jay-Jay
Okocha retrouvé et un Yobo « Thuramesque » avaient fait jeu
égal avec les Suédois, autant au niveau de l’animation offensive que
des occasions de buts. A la 27e minute, un centre de l’aile
droite de Yobo trouve Julius Oghahowa, le meilleur buteur de la dernière
CAN devance la sortie d’Hedman et trouve la lucarne droite des buts suédois
d’une superbe tête décroisée fêtée, comme le veut le rituel, par
une bacchanale de flip-flaps.
L’avantage de l’équipe d’Oningbinde ne va malheureusement durer
que cinq minutes. Une contre-attaque menée par le duo Ljungberg-Larsson
sème la panique dans la défense alignée des Super Eagles, le milieu
droit d’Arsenal transmet à Larsson qui de l’extérieur trompe
Shorumnu.
La
deuxième mi-temps débute comme une séance d’attaque défense sur
les deux buts. A la 53e minute, Justice manque de peu
d’offrir l’avantage au Nigéria, mais c’est finalement un doublé
de Larsson, grâce à un penalty indiscutable, qui fait basculer le
destin des Nigérians. Malgré la rentrée de Kanu à l’heure de jeu,
et surtout deux occasions franches à la 81e minute, la première
signée John Utaka, la deuxième Joseph Yobo, les Super Eagles ne
parviendront jamais à refaire leur retard.
Le retour vers Lagos s’annonce difficile.
Joachim Barbier
Cameroun
Arabie Saoudite 1-0
Le Cameroun
s’impose dans la douleur !
Grâce à un but d’Eto’o, les Camerounais ont pratiquement
assuré leur qualification avec une laborieuse victoire (1-0) sur des
Saoudiens accrocheurs. Malgré ce succès précieux, les Champions
d’Afrique ont longtemps manqué de constance et de cohérence dans
leur jeu avant de se reprendre en seconde période.
Entre une équipe d’Arabie Saoudite atomisée 8-0 par les Allemands
et le Cameroun toujours au rang des outsiders après son nul contre
l’Eire (1-1), on aurait pu croire que le traumatisme des uns
n’allait pas peser lourd face à la confiance des autres. Ce sont
pourtant les Saoudiens qui se créent la première franche occasion,
comme un signe avant coureur des inquiétantes prédispositions du
Cameroun. Un centre d’Al Jahani trouve Al Dossani dans la surface,
l’attaquant, en fin de course ne peut cadrer sa tête. Le Cameroun
domine territorialement mais manque de pouvoir d’accélération à
l’approche des buts d’Al Daeva. Peut-être obnubilés par la
faiblesse du jeu aérien des Saoudiens face à l’Allemagne, ils
multiplient les centres à l’adresse de M’Boma. En vain, à
l’exception d’une bonne tête de l’avant-centre de Sunderland
sur un centre de Kalla à la demi-heure de jeu. Les Saoudiens
continuent d’inquiéter la défense des champions d’Afrique grâce
à de rapides contre-attaques. A la 41e, le très incisif
Al Temvat, après un relais avec Al Yami, décoche un tir qui frôle
le poteau droit d’Alioum. La fin de la première mi-temps révèle
le peu de rythme et le manque d’accélération d’une équipe du
Cameroun, bien loin de son niveau de jeu et de ses prétentions dans
cette compétition.
A la fin des 45 premières minutes, Arabie Saoudite et Cameroun sont
à égalité 0-0.
Les Camerounais reprennent la seconde période un peu plus concernés.
Olembé, rentré à la mi-temps, apporte un surplus de percussion et
de vitesse sur le flanc gauche. A la 49e minute, il sert
Lauren, mais le tir du milieu d’Arsenal est stoppé en deux temps
par le gardien saoudien. Deux minutes, plus tard, Olembé toujours,
glisse à Eto’o, la frappe de l’attaquant, pourtant bien placé
aux 16 mètres, s’envole dans le ciel du pays du matin calme. A
peine le temps de souffler et le joueur de Majorque se trouve idéalement
placé suite à un service de Lauren, mais
il ne peut éviter la sortie d’Al Daeyea.£
Les Saoudiens réagissent à la 58e minute grâce à
Al Temyat. Après une course de 60 mètres, le meilleur joueur
saoudien rentre dans la surface camerounaise, mai son tir est détourné
en corner par Alioum.
A la 65e minute, Eto’o va enfin trouver la récompense à
ses multiples appels et délivrer le Cameroun. Sur une longue
ouverture de Geremi qui lobe la défense centrale saoudienne,
l’attaquant se présente face à Al Daeyea et ouvre le score d’un
tir de l’extérieur.
Avec cet avantage, l’entraîneur camerounais Winfried
Shaeffer décide de faire rentrer Pius N’diefi à la place de
Patrick M’Boma. Mais les Saoudiens n’ont pas dit leur dernier mot.
A la 77e minute, Al Temyat contrôle de la poitrine à 30 mètres
des buts camerounais, sa frappe de volée n’est pas loin de lober
Alioum avancé. Les Camerounais auront une dernière occasion
d’aggraver le score par Foé dont le tir est finalement détourné.
Les Camerounais engrangent, par la plus petite des marges, une
victoire précieuse.
Joachim Barbier
Russie-Tunisie 2-0
La Tunisie peut avoir
des regrets
Les Tunisiens ont fait jeu égal avec des Russes appliqués
et sérieux, mais ont été battus sur deux erreurs d’inattention :
une mauvaise relance de Boumnijel et un penalty provoqué par Jaidi.
Malgré les efforts de Ben Achour et un excellent Trabelsi, les Aigles
de Carthage ont manqué de réalisme…et peut-être de chance.
Même match, même score. Il y a 4 ans à Marseille, la Tunisie avait
été battue 2-0 par l’Angleterre pour son premier match de poule à
Marseille. C’est un résultat identique qui a sanctionné ce
Russie-Tunisie, match d’ouverture du groupe H.
En revanche, la manière fut, ce matin, toute autre. Les Aigles de
Carthage peuvent d’ailleurs nourrir quelques regrets après les 90
minutes disputées contre l’équipe d’Oleg Romantsev. Les
Tunisiens ont longtemps fait jeu égal avec une équipe russe où
manquaient Mostovoï et le Bordelais Smertine, tous deux blessés à
l’entraînement ces derniers jours. Malgré une organisation plus
que prudente avec sept joueurs à vocation défensive, l’équipe de
Swayeh a souvent inquiété l’un des favoris de ce groupe H.
Particulièrement en deuxième mi-temps où les dribbles de Slim Ben
Achour et les montées de Trabelsi sur son aile droite ont apporté
une bonne demi-douzaine d’occasions franches. Sans succès.
Mauvaise relance
De leur côté, les Russes, sereins et appliqués, ont su profiter
en seconde période d’une erreur de Boumnijel, pourtant inspiré
tout au long de la partie, pour ouvrir la marque : une mauvaise
relance à la main qui atterrit dans les pieds de Titov qui
marque d’un tir à ras de terre. Un but cruel, puisque tour à tour,
en ce début de seconde période, Ben Achour, sur un tir des 20 mètres,
et Sellimi auraient pu ouvrir la marque pour la Tunisie.
Au contraire, menés
1-0, les Tunisiens se font même doublement distancer trois minutes
plus tard. A la 62e, l’arbitre jamaïquain siffle pour une faute peu
évidente de Jaidi sur Sytchev, rentré en cours de jeu. Le penalty
est transformé par Karpine.
Les Tunisiens
tentent alors de refaire leur handicap. C’est Ben Achour qui, à
l’entrée de la surface, trouve Ziad Jaziri d’une louche au-dessus
de la défense russe, mais le retourné acrobatique de l’attaquant
est trop faible pour véritablement inquiéter Nigmatoulin.
Cinq minutes plus
tard, après un bon déboulé sur son aile droite, Trabelsi transmet
à Ben Achour qui se perd dans une série de dribbles dans la surface
au lieu de tirer au but. À la 76e, le jeune meneur de jeu, après
avoir éliminé trois joueurs russes, glisse une petite balle dans le
dos de la défense à destination de Jaziri, qui se laisse tomber dans
la surface et… prend un carton pour simulation. Il était dit que
les Tunisiens ne marqueraient pas.
Joachim Barbier
Afrique du Sud-Paraguay 2-2
La
bonne fortune des Bafana Bafana
Grâce à un penalty de Quinton Fortune à la 90e, les
Bafana Bafana arrachent in-extremis une égalisation (2-2) méritée.
Longtemps gênés par le duo Santa Cruz-Arce, les joueurs de Jomo Sono
ont trouvé les ressources pour remonter un retard de deux buts dans
les 20 dernières minutes.
Même si les Sud-Africains peuvent être déçus de ne toujours pas
avoir gagné de match en phase finale de Coupe de Monde, au vue de la
physionomie de la partie, ils doivent surtout être soulagés de ne
pas avoir perdu cette première rencontre face au Paraguay de
Chilavert. Ils peuvent d’ailleurs dire merci au remplaçant du
charismatique gardien sud-américain -le jeune Tavarelli - qui a
offert aux Bafana-Bafana un point précieux en provoquant un penalty
pour une faute inutile sur Zuma à la dernière minute. Une erreur
lourde de conséquence puisqu’elle permettait aux Sud-Africains d’égaliser
après avoir été menés 2-0 à l’heure de jeu. Car jusqu’à la
60e minute, les Paraguayens allaient donner une leçon de réalisme
à leur adversaires du jour. C’est tout d’abord l’avant-centre
du Bayern de Munich, Roque Santa Cruz, qui ouvre la marque d’une tête
sur un centre d’Arce à la 39e minute. Au retour des
vestiaires, ce même Arce double l’avantage des Paraguayens sur un
coup-franc direct à la 55e minute.
Les « Sud-Africains » bougent
enfin !
L’heure de jeu et ces deux buts de retard sonnent le réveil des
Bafana-Bafana. A la 63e minute, un ballon mal renvoyé par
la défense des joueurs de Paolo Maldini est repris par Tebeho Mokoena.
Le tir du milieu de terrain, légèrement touché par le défenseur
central paraguayen Struway, prend
à contre-pied Tavarelli. La moitié du chemin exécuté, les
Sud-Africains bougent enfin ! - une équipe paraguayenne qui se
contente de gérer son avantage. D’abord grâce à une tête d’Aaron
Mokoena sur un coup-franc de Fortune, et une reprise, toujours de la tête,
de Radebe sur une action confuse à la suite d’un corner. A la dernière
minute du temps réglementaire, Sibaya, l’un des meilleurs joueurs
de la sélection sud-africaine prend de vitesse la défense
paraguayenne et adresse une balle en profondeur pour Zuma. A la lutte
avec le gardien, l’attaquant s’écroule dans la surface.
L’arbitre siffle un penalty que Quinton Fortune, en force, se charge
de transformer.
Joachim Barbier
France-Senegal: 1-0
Le Sénégal sur le Toit du monde !
Grâce à une
parfaite discipline tactique et le talent d’El Hadji Diouf, les Sénégalais
ont dominé logiquement une équipe de France sans imagination pour le
match d’ouverture de la Coupe du monde. Après cette victoire
logique obtenue sur un but de Bouba Diop en première mi-temps, les sénégalais
peuvent désormais rêver d’une qualification au second tour.
Est-ce la tension
inhérente au match d’ouverture ou l’opposition entre deux équipes
à la même culture footbalistique, toujours est-il que la partie débute
sur un faux-rythme. Les Sénégalais, grâce à un milieu de terrain
très dense, offre délibérément la conduite du jeu à l’équipe
de France, laissant El Hadji Diouf seul en pointe. Malgré son
isolement, l’avant-centre lensois pose d’énormes problèmes à la
charnière centrale Desailly-Leboeuf. A la cinquième minute, la star
sénégalaise s’offre un petit-pont sur le capitaine français le
long de la ligne de touche, centre pour Papa Bouba Diop, dont le tir,
trop mou, finit dans les bras de Barthez. Privé de Zidane, les Français
en panne d’inspiration et de solution se montrent incapable de
trouver la brèche dans l’impeccable rideau défensif sénégalais.
Il faudra attendre la 19ème minute pour voir les bleus
orchestrer un semblant de mouvement offensif. Sur une balle en
profondeur de Petit, Thierry Henry décale Trézeguet sur la gauche.
Le meilleur buteur du Calcio crochète Diatta, mais sa frappe du droit
heurte le poteau gauche de Sylva.
Bouba Diop envoie les sénégalais
au paradis
Nullement
impressionnés par cette alerte, les Lions de la Teranga jouent les
coups à fond. A la 30ème minute, El Hadji Diouf, le meilleur joueur
du match, mystifie Leboeuf sur le côté droit, son centre en retrait,
touché par Petit puis Barthez, échoue finalement dans les pieds de
Papa Bouba Diop qui
pousse le ballon dans les buts vides.
Le Sénégal ouvre en toute logique le score. Menés, les Français
semblent incapables de réagir et de hisser leur football au niveau de
leurs prétentions. Seul Djorkaeff à la 37ème minute
taquine Sylva, mais son coup-franc des 25 mètres est bien capté par
le gardien monégasque. L’arbitre siffle la mi-temps sur une énorme
surprise. Le Sénégal mène 1-0.
Sylva impérial
Dominé en
agressivité pendant les 45 premières minutes, les français montrent
un plus d’envie à l’entrée de la seconde mi-temps. Coup sur
coup, les bleus sont à deux doigts de trouver le chemin des filets :
sur une tête d’Henry, un tir de Djorkaeff des 25 mètres et une
reprise de la tête de Vieira sur un corner de Petit. Mais à chaque
fois, Sylva, impérial s’interpose devant les attaquants français.
Deux transversales en une minute
Les Sénégalais
continuent d’opérer par contre-attaque en s’engouffrant dans les
espaces. A la 64ème minute, les Lions de la Teranga
s’offre une occasion de plier un match devenu forcément historique.
Lancé sur le côté gauche, Fadiga enrhume Leboeuf de quelques
gris-gris magique et frappe à l’entrée des 16 mètres, mais son
tir puisant écrase la barre transversale de Barthez. Dans la minute
qui suit, les bleus répondent du tac au tac, avec une action « copie
carbone ». C’est Thierry Henry, qui après un contrôle dos au
but, se retourne, et de l’entrée de la surface enroule un ballon
qui vient mourir sur l’arrête des buts sénégalais. Dans les 10
dernières minutes, l’équipe de France collectionne les corners
sans vraiment inquiéter Tony Sylva qui se couche sur une dernière
frappe de Lebeuf à la 85ème minute.
Pour leur premier match dans une phase finale de Coupe de Monde, les
Lions signent un exploit digne de celui réalisé par le Cameroun en
1990. Les Gaïndé peuvent désormais rêver d’une qualification au
second tour.
Joachim Barbier
Argentine-Nigéria: 1-0
Batistuta
crucifie les Super Eagles
Shovunmu, le gardien
nigérian, a longtemps repoussé l’échéance face aux attaquants
argentins, mais les Super Eagles se sont finalement inclinés 1-0 sur
un but de Gabriel Batistuta, son 10e en phase finale de Coupe du
Monde. Les joueurs de Onigbindé sont désormais condamnés à
l’exploit pour se qualifier.
Dans ce groupe de la mort, le tirage au sort avait fait de
l’Argentine, le grand favori, le premier adversaire du Nigéria. Après
un début de match équilibré, Gabriel Ortega se crée la première
franche occasion du match sur une frappe détournée difficilement par
Shovunmu. Le Nigéria réagit
dans la foulée. Une minute plus tard, Okocha, jusque-là très
discret, élimine deux défenseurs et adresse un tir puissant que
Cavallero a toutes les peines de monde à sortir. À la mi-temps,
Argentine et Nigéria sont à égalité 0-0.
Batistuta au second poteau
Il ne faut attendre que 3 minutes en seconde période pour voir la
meilleure occasion du match.
Batistuta, finalement préféré à Crespo, se retrouve seul dans la
surface, mais ne peut cadrer sa reprise de volée. A la 60e, suite à
une belle action collective, le milieu défensif argentin Sorlin contrôle
de la poitrine à l’entrée de la surface, et enchaîne avec un tir
puissant sous la barre que Shovunmu ,d’une claquette, dévie
avec talent.
Les Argentins accentuent leur pression sur les buts des Super Eagles
et trois minutes plus tard, le corner tiré par Juan Sebastian Veron,
le capitaine argentin, trouve Batistuta, totalement excentré au
second poteau, qui, d’une superbe tête, rabat le ballon vers les
buts de Shovunmu. L’avant-centre de la Roma ouvre la marque et
s’offre à l’occasion son dixième but en phase finale de Coupe du
Monde.
Plus proche du 2-0 que du 1-1
Menés, les Nigérians ont pourtant bien du mal à se procurer des
occasions d’égaliser. Seul, Aghahowa,à la 75e minute, s’offre
une position favorable dans la surface, mais le buteur de Donetz est
repris au dernier moment par Placente. Dans les dix dernières
minutes, Crespo rentré à la place de Batistuta et Kily Gonzalez gâchent
quelques belles occasions de 2-0. Mais rien n’y changera. Le
Nigéria,
pour son premier match du mondial 2002 s’incline par la plus petite
des marges.
Joachim Barbier
Cameroun-Eire :1-1
Cameroun Eire : chacun sa mi-temps
Dans ce groupe où l’Allemagne fait figure de favori,
Camerounais et Irlandais n’ont pu se départager (1-1) à l’issue
d’un match où chaque équipe à eu sa mi-temps. Les Camerounais ont
ouvert la marque par M’Boma, mais l’équipe de Mike
Mac Carthy a su, en deuxième mi-temps, retrouver ses vertus et
égaliser.
Après un premier quart d’heure équilibré, les Camerounais, qui
monopolisent le ballon, se créent la première occasion à la 18e
minute. Un «une-deux»
Mboma-Eto’o réalisé au milieu de terrain met la défense
irlandaise dans le vent et le joueur de Maillorque sur orbite,
mais Shay Given, bien sorti, détourne la frappe de
l’attaquant camerounais.
Le festival de Lauren
Alors que les Irlandais peinent à se créer des occasions
franches sur les buts d’Alioum, les Lions indomptables accentuent la
pression à la demi-heure de jeu. Tout d’abord sur une percée
d’Eto’o (31e), puis sur une frappe lointaine de Foé. À la 39e
minute, les champions d’Afrique trouvent l’ouverture à l’issue
d’une action magnifique. Après une bonne préparation sur l’aile
gauche, le ballon atterrit dans les pieds de Lauren, collé à la
ligne de touche droite. Après un petit pont sur Harte, le joueur
d’Arsenal centre en retrait d’un pointu qui prend de vitesse la
sortie de Shay Given et Patrick M’boma n’a plus qu’à
pousser la balle au fond des filets. Sonnés, les Irlandais, battus en
vivacité par des Lions beaucoup plus toniques, se créent leur
meilleur occasion grâce à Rigobert Song, qui, sur un coup-franc de
Harte, est à deux doigts de tromper Alioum.
À la mi-temps, le
Cameroun mène 1-0
Les Camerounais bousculés
Au retour sur le terrain, les Irlandais
semblent avoir retrouver des vertus… irlandaises. Plus
hargneux, les joueurs de Mac Carthy, même sans l’aboyeur Roy Keane,
bousculent des Camerounais qui semblent souffrir physiquement. A la
52e minute, un centre mal
renvoyé par la défense centrale des Lions est repris de volée par
Holland à l’entrée des 16 mètres. La frappe puissante et bien
placée trompe Alioum et les Irlandais égalisent.
Robbie Keane sur le poteau
Mieux regroupés au milieu et en défense, les Irlandais gênent
les Camerounais qui opèrent en contre-attaque. Tout d’abord
Eto’o, qui s’échappe mais frappe à droite des buts irlandais,
puis Patrick Suffo signale sa rentré par un belle chevauchée puis
une tête dangereuse sur corner.
Mais la plus belle
action de cette deuxième mi-temps revient aux Irlandais. À la 82e
minute, un centre de Damian Duff,
mal renvoyé par la défense camerounaise, est repris par Robbie Keane, mais le tir du joueur de Leeds s’écrase sur le poteau gauche
d’Alioum. Les deux équipes restent avec ce score de 1-1. Pour la
qualification, tout reste à faire.
Joachim Barbier
|
Bilan des équipes
africaines
Passation de
pouvoir
Pelé avait, il y a
quelques années, prédit « la victoire d’une équipe
africaine en Coupe du Monde après l’an 2000 ». Et bien, il va
falloir encore attendre. Ce ne sera pas pour cette année même si,
comme l’a dit Bruno Metsu, « le Sénégal est arrivé petit,
il repart grand ». Car le Sénégal, après une finale de CAN et
un quart de Coupe du Monde s’est hissé, grâce au talent de ses
joueurs, dans le groupe des 8 meilleures équipes de la planète. Les
Lions de la Teranga auraient pu, pour un peu, faire le coup des Danois
à l’Euro 92. Invités de la dernière heure après le forfait
d’une Yougoslavie plongée dans la guerre, les Danois étaient arrivés
en Suède dénués de toute pression. Ils avaient finalement remporté
cet Euro. Comme il faut toujours écrire la légende des triomphes,
surtout quand ils ne sont pas annoncés, on avait attribué une partie
de cette victoire des scandinaves à leur décontraction que l’on
dit atavique. Le bar de leur hôtel résonne encore des soirs de
victoire quand ces Danois, pintes de Carlsberg à la main, trinquaient
à la santé de leurs adversaires défaits. Les Sénégalais n’étaient
pas invités, ni repêchés pour cette Coupe du Monde, encore moins
« touristes » comme ils l’ont souvent répété. Il
n’empêche qu’on a retrouvé un peu de cet esprit dans l’équipe
de Metsu. Peut-être que le sable de Saly procure les mêmes vertus
que le houblon du Jütland. Pour la prochaine édition en Allemagne,
qui sait si, en s’inspirant du modèle du calendrier de la fédération
sénégalaise, toutes les équipes ne seraient pas aller se préparer
sur les plages de la Mer Baltique, à grand coup de tennis ballon
sponsorisés par « bergasol » en guise de stage d’oxygénation ?
En passant un tour
de plus que le Nigeria en 1998, le Sénégal a finalement égalé le
record des Camerounais de 1990. Comme quoi, entre le service minimum
et l’exploit historique, la frontière est bien mince. Et que
serait-il advenu de ce Turquie-Sénégal si Günes n’avait pas eu la
mauvaise idée, pour les supporters des Gaïndés, de sortir au bout
de 60 minutes ce pauvre Hakan Sükur dont la maladresse a autant
retardé l’échéance de la victoire turque que tous les efforts
d’une défense sénégalaise aux abois ?
Reste à savoir ce
que les Sénégalais vont faire de ce parcours aux allures de
passation de pouvoir, n’en déplaise à l’orgueil des Camerounais.
L’équipe est encore jeune, les plus âgés Coly et Malick Diop,
auront 31 ans en 2006. A cet âge là, Didier Deschamps brandissait la
Coupe du Monde sur les Champs Elysées.
La
performance de Sénégalais remet en perspective les performances des
autres équipes africaines. Aucun des quatre autres représentants du
continent n’est parvenu à s’extraire de son groupe. On peut y
voir un échec, surtout pour le Cameroun, à l’aune de sa solidité
affichée lors de sa triomphante Can malienne. Beaucoup
d’observateurs en avaient fait un demi-finaliste en puissance.
Encore manqué. Plus que la défaite contre l’Allemagne lors du
dernier match du groupe, c’est sûrement le nul concédé face à
l’Irlande qui a scellé l’élimination des Lions Indomptables. Au
cours de leurs trois confrontations, les Camerounais n’ont joué
qu’une mi-temps. Ce fut suffisant contre l’Arabie Saoudite,
presque suffisant contre l’Irlande, insuffisant contre une Allemagne
dont on se demande si elle ne se complait pas à perpétuer les
poncifs débités sur son compte, tant elle s’est montrée, contre
le Cameroun, teigneuse, rugueuse et, à l’arrivée, d’un froid réalisme.
Pendant cette Coupe du Monde, le Cameroun a du composé autant sur le
terrain qu’en dehors. Côté sportif, Patrick M’Boma était loin
de son niveau de la CAN, après une saison passée entre le banc de
Parme et le banc de Sunderland. Tandis que Lauren, sur le côté
droit, est arrivé au Japon dans le même état physique que ses potes
d’Arsenal, Vieira ou Wiltord, c’est à dire cuit. Côté
organisation, les conditions picaresques dans lesquelles l’équipe a
rejoint le Japon - « escale négociation » des primes dans
le hall de Roissy, « escale négociation d’un peu de kérosène »
sur l’aéroport de Bangkok- expliquent peut-être aussi pourquoi,
après 40 heures de voyage, le Cameroun n’a pas réalisé une
performance à la mesure de ses prétentions. On ne sait d’ailleurs
s’il faut encore rire de l’incurie des omnipotents dirigeants
camerounais.
Autre poids lourd du continent, le Nigeria avec seulement un petit
match nul contre l’Angleterre, n’aura pas marqué les esprits,
comme dépossédé de la magie qui en avait fait un huitième de
finaliste brillant aux Etats-Unis et en France. Les Super Eagles ont
été quelconques dans cette Coupe du Monde. Et Onigbinde a perdu son
pari. En écartant les cadres historiques - Finidi, Oliseh ou Ikpeba -
de la sélection, l’entraîneur du Nigeria misait sur une nouvelle génération
pour asseoir son autorité et sortir de ce groupe de la mort. Des
rescapés de la vieille garde –
West, Okocha – et des nouveaux venus,
Ogbeche ou Aghahowa, Onigbinde n’est jamais parvenu à faire
une équipe. Il a confondu transition et révolution.
L’Afrique du Sud
n’a pas fait mieux qu’en France en 1998. Mais elle a laissé
entrevoir des qualités qui aurait pu lui ouvrir la route des huitièmes
s’il elle n’était pas tombé, contre l’Espagne, sur un grand
Raul auteur d’un doublé. Avec Jomo Sono, elle a retrouvé au Japon
des vertus qu’elle semblait avoir perdu six mois plus tôt au Mali où
les Bafana étaient complètement passés à côté de leur CAN. Grâce
à un milieu de terrain très complémentaire, avec Zuma, Fortune et
surtout Sibaya, révélation africaine de cette Coupe du Monde, les
Sud-africains ont été la bonne surprise du continent de cette Coupe
du Monde.
La Tunisie enfin,
était sûrement l’équipe la plus faible des cinq qualifiés. Les
Aigles de Carthage ont surtout pêché par manque d’audace. Mais en
avaient-ils les moyens ?
Seuls Trabelsi, le
latéral de l’Ajax et surtout Ben Achour ont été au-dessus du lot.
Souayah, s’il reste en place, doit maintenant tenter de construire
autour du petit meneur de jeu une équipe compétitive pour la CAN
2004.
Joachim Barbier
Bilan : La coupe est pleine
Elle est terminée, les Brésiliens ont gagné et accroché une
« penta », une cinquième étoile. Pour le reste, il est
l’heure de faire des comptes, forcément subjectifs, de cette Coupe
du Monde asiatique et de nos représentants africains.
1-Joueur de la coupe du Monde
Hasan Sas, le
milieu gauche de Galatasaray a été le meilleur joueur d’une équipe
turque que personne n’avait vu venir. A facilement volé le titre de
« divin chauve » à Fabien Barthez. Il ne lui a manqué
qu’un match pour rentrer dans l’histoire.
Joueur africain de la Coupe du monde
Au choix : les
trois sénégalais Diouf, Bouba Diop ou Daff, voire un concentré des
trois avec un petite dose du sud africain Sibaya.
2-But de la Coupe du Monde
Le retourné du
Lyonnais Edmilson contre le Costa-Rica
But africain de la Coupe du Monde
« Salif Diao »
contre le Danemark au terme d’une contre-attaque qui avait la
fulgurance des plus belles heures du Dynamo de Kiev de Lobanovsky, période
Zavarov-Belanov-Blokhine.
3-Equipe-type de la Coupe du Monde
Kahn,
Cafu, Lucio, Rio Ferdinand, Metzelder,
Hamman,
Bouba Diop
Joaquim, Rivaldo, Hasan Sas,
Ronaldo
Equipe-type africaine de la
Coupe du Monde
Sylva,
Coly, Song, Radebe, Daff
Sibaya, Bouba Diop
Eto’o,
Ben Achour, Fadiga
Diouf
4-Plus grande déception de la Coupe
du Monde
La France et l’Argentine,
finalistes annoncés rentrés à la maison en même temps que la Chine
ou l’Equateur. Individuellement, les trois dernier ballons d’or
France Football, Owen, Zidane et Figo, tous plus ou moins blessés et
lessivés.
Plus grande déception africaine de
la Coupe du Monde
Au choix : le
Nigéria ou le Cameroun. Finalement le Cameroun. Seuls les joueurs étaient
près à jouer cette Coupe du Monde Les dirigeants, eux ne sont
toujours pas prêts à diriger.
5-Plus mauvaise prédiction
Roger Lemerre
(France) : « Nous sommes protégés par la culture de la
victoire »
Plus mauvaise prédiction africaine
Onigbindé (Nigéria) :
« Nous allons gagné la Coupe du Monde »
6-Plus gros « coup de fatigue »
La France en général,
l’Angleterre lors de sa deuxième mi-temps contre le Brésil.
Plus gros coup de fatigue africain
La Sénégal
contre la Turquie
7-Geste le moins
académique et néanmoins très efficace
Le « pointu »
de Ronaldo qui offre la victoire du Brésil contre la Turquie en
demi-finale.
Geste africain
le moins académique et néanmoins toujours très efficace
Le « pointu »
d’Henri Camara qui permet au Sénégal d’égaliser contre la Suède.
8-Plus beau come-back
Ronaldo. Avait
l’air aussi heureux dimanche que désespéré quatre ans auparavant
sur la pelouse du Stade de France.
Plus beau come-back africain
Djomo Sono, comme
d’habitude ! « The Black Prince of South Africa » a
su construire une équipe compétitive en trois mois après une Can où
les Sud-africains avaient été d’une indigence rare au vu de leur
potentiel. Même si la performance des bafana bafana, finalement
moyenne, vaut autant par les espoirs qu’elle suscitent que pour le
chemin parcouru depuis Bamako.
9-Retraités post-Coupe du Monde les
plus regrettés
Au moins trois :
Maldini, Luis Enrique, Batistuta
Retraité post-Coupe du Monde
africain le plus regretté
Jay Jay
Okocha
10-Coupe de cheveux du Mondial
Au choix, différents
modèles pour une même tendance, l’iroquoise façon « King’s
road 1981 » : Le
turc Umit Davala, l’Allemand Ziege ou l’Anglais Beckham.
Coupe de cheveux africaine du
Mondial
Zuma le
Sud-africain.
11-Sujets de palabres de la Coupe du
Monde
« L’arbitrage »,
« le pouvoir des marabouts », « les Coréens
sont-ils dopés ? »
Sujets de palabres africains de la
Coupe du Monde
Même chose
sans le pouvoir des marabouts.
La qualification du Sénégal
Historique et logique
Tout a déjà été presque dit sur le parcours du Sénégal dans
cette Coupe du Monde en espérant qu’il reste encore beaucoup à écrire.
Sorti invaincus d’un groupe dans lequel ils ont notamment battu,
devant un bon quart de l’humanité, la France tenante du titre, les
Sénégalais sont maintenant à la porte des demi-finales. Une
qualification obtenue à l’arrachée contre la Suède grâce au
doublé d’Henri Camara, à la fois historique et logique. Historique
car avant ce deuxième but plaqué à l’or fin, seuls huit pays
« non-européen » étaient parvenus à atteindre ce stade
de la compétition depuis 1930. Au passage, on notera que depuis la
première édition uruguayenne du temps où elle se nommait encore
Jules Rimet, la Coupe du Coupe du Monde est peuplée de joueurs
maudits propulsés au rang de héros national en moins de 90 minutes.
Henri Camara est de ceux-là. Il avait même failli quitter la sélection
après la CAN malienne. Conspué par le public pendant toute la compétition,
y compris par les supporters des gaïndés, le joueur de Sedan s’est
offert avec son doublé quelque chose à mi-chemin entre douce
revanche et rédemption soudaine.
Logique, car les Joueurs de Bruno Metsu sont la meilleure équipe
africaine de cette Coupe du Monde. Car au-delà de la valeur des
joueurs des quatre autres formations, elle est arrivée à l’heure
pour le début de ce mondial asiatique. La Coupe du Monde reste un
mini-championnat joué sur un mois, avec au mieux sept matchs à négocier.
Dès la première minute du match contre la France, elle a démontré,
par sa rigueur, sa discipline, sa capacité à s’adapter à la
tactique de ses adversaires, mai surtout son envie, sa densité
physique et son talent, qu’il faudrait compter avec elle…même si
à la bourse des bookmaker anglais, le «petit et inexpérimenté »
Sénégal cote à 66 contre 1. Finalement, sans Fadiga, si brillant
contre l’Uruguay et Diao, le joueur le plus influent de l’équipe
depuis l’épopée malienne, les Lions de la Teranga ont semblé
dimanche matin moins gênés par ces absences que la Suède privée de
Ljungberg et Andersson, son capitaine.
Alors même si les Sénégalais se sont payés des moments de frousse
-la deuxième mi-temps contre l’Uruguay, les 10 premières minutes
contre la Suède - ils n’ont jamais donné l’impression de perdre
totalement pied. Sans expérience à ce niveau, ils n’ont
globalement pas commis ces erreurs individuelles qui coûtent souvent
la qualification aux équipes africaines (et aux autres aussi) comme
ce fut le cas, pendant cette Coupe du Monde, pour la Tunisie face à
la Russie, l’Afrique du Sud contre l’Espagne ou pour le Cameroun
face à l’Allemagne. On ne va pas faire d’Arendse, de Bouminjel ou
de la défense centrale camerounaise des coupables idéaux à jeter en
pâture aux adeptes du « y’a qu’à », mais le Sénégal
s’est pour l’instant montrer suffisamment concentré, voir
chanceux, pour s’épargner ce genre d’accidents de parcours.
A cet égard, leur état d’esprit est assez significatif. Au jeu des
comparaisons avec les autres qualifiés du continent, le Sénégal
s’est par exemple bien gardé de « tartariner » ses
ambitions au nez de ses adversaires comme par exemple Onigbinde.
L’entraîneur des Super Eagles n’a cessé, au cours de cette compétition,
de répéter que « le Nigéria allait gagner la Coupe du Monde ».
C’était un peu juste comme plan de bataille de la part d’un sélectionneur
nommé il y a à peine trois mois. On sait depuis ce qu’il est
advenu de la suffisance du coach nigérian, aussi lucide que certains
vieux boxeurs à la veille du combat de trop.
A l’opposé, comment ne pas voir dans les déclarations des
Tunisiens avant leur match contre le Japon l’illustration de leur
peu d’audace sur le terrain. Avant ce match décisif, les Aigles de
Carthage ne s’autorisaient que « très peu de chances »
de se qualifier face au Japon, comme s’ils rédigeaient avant
l’heure la préface de leur défaite annoncée. S’il est vrai que
le pays co-hôte, en net progrès, avait, au cours de ses deux
premiers matchs, semblé transcendé par l’événement, la modestie
des Tunisiens a résonné comme l’expression d’un vague complexe
d’infériorité. A égale distance du pêché d’orgueil des uns et
de l’inhibition des autres, les Sénégalais de leurs côtés,
attaquent chaque match intimement persuadés qu’ils peuvent le
gagner. Cela peut paraître idiot, mais comme chacun le sait, tout
commence avec une balle au centre et un score de 0-0.
Joachim
Barbier
Allemagne –Cameroun 2-0
Le Cameroun n’a rien pu faire
Battu 2-0 par une rugueuse et réaliste équipe d’Allemagne,
les Lions indomptables ont manqué une qualification qui profite
finalement à l’Eire, vainqueur 3-0 de l’Arabie Saoudite. Les
champions d’Afrique, sans livrer un mauvais match n’ont pas su
hausser leur niveau de jeu pour battre des Allemands réduits à 10 dès
la demi-heure de jeu.
A l’entame de cette première mi-temps, les données sont claires
pour les Camerounais. Pour ne pas être dépendants du résultat d’Eire-Arabie
Saoudite joué à la même heure, les Lions indomptables devaient
remporter cette rencontre. Est-ce l’enjeux ? Toujours est-il
que cette première période a ressemblé à une intensive séance
d’intimidation physique. Antonio Lopez Neto l’arbitre portugais
devait en effet sortir 9 cartons jaunes. Et à ce petit jeu, les
Allemands ne se sont pas montré les moins motivés.
Après dix minutes légèrement dominées par l’équipe de Rudi Völler,
Olembe qui retrouve une place de titulaire, se crée une première et
immanquable occasion d’ouvrir la marque. Décalé intelligemment
dans le dos de la défense allemande par Eto’o,
le Marseillais se présente seul devant Oliver Khan, mais
coupable d’hésitation, il butte deux fois sur le gardien allemand
bien sorti au devant de sa défense.
A la 25e minute, un coup-franc excentré sur la droite tiré
par Womé est détourné des deux points par Khan.
Si les Allemands monopolisent le ballon, ce sont les Camerounais qui
trouvent des solutions offensives en exploitant notamment les
approximations dans l’alignement de
la défense à trois de la Manshaft. A la 26e,
Rigobert Song, laissé seul dans la surface, se trouve idéalement
placé à la réception d‘un centre de Womé mais sa tête passe à
quelques centimètres des buts allemands.
Les Allemands répondent
de la même manière, en
passant par les airs. A la 35e minute, un coup-franc tiré
par Ziege prend la direction de la lucarne mais Alioum sort la balle
d’une claquette.
Quatre minutes plus tard, Eto’o dépose la moitié du
milieu de terrain allemand d’une accélération sur le côté
droit, s’avance et élimine Ramellow. En position de dernier défenseur,
le joueur de Leverkusen commet une faute sur l’attaquant
Camerounais. Sans hésitation,
l’arbitre expulse le défenseur allemand. Le coup-franc ne
donne rien.
A la mi-temps, l’Allemagne et le Cameroun 0-0.
Pour cette deuxième période, Rudi Voller lance Marco Bode à la
place de Karsten Jancker. Il ne faudra que quatre minutes avant que
l’attaquant du Werder Breme ne signale son entrée. A la 49e,
Klose se joue de la défense camerounaise, transmet un ballon dans
l’intervalle à Bode, qui d’une frappe du gauche ajuste Alioum.
Menés, les Camerounais font rentrer Komé et Suffo pour tenter de
renverser le cours du match. Mais les Lions Indomptables se heurtent
à la densité du milieu allemand. A la 73e minute, Lauren
est tout proche d’égaliser sur une tête qui termine sa course dans
le petit filet. Quatre minutes plus tard, Klose met définitivement
fin aux rêves de qualification du Cameroun. Il inscrit sans
opposition son quatrième but, toujours de la tête, sur un centre de
la droite de Michaël Ballack. Plus rien ne sera marqué dans le
dernier quart d’heure. Au même moment, l’Eire, dans les arrêts
de jeu, parachève sa facile victoire sur l’Arabie Saoudite d’un
troisième but signé Duff. Les Champions d’Afrique sont éliminés.
Joachim Barbier
Afrique du Sud-Slovénie 1-0
L’Afsud
en route pour le second tour
Grâce à un but de Nomvethe
et un match sérieux, les Sud-africains se sont imposés face à des
Slovènes incroyablement passifs et démotivés. Un nul contre l’épouvantail
espagnol est maintenant suffisant pour envoyer les Bafana Bafana au
deuxième tour.
Avec les matchs de l’équipe sud-africaine, mieux vaut
arriver et partir à l’heure. Car après le penalty de la 90e
minute qui avait permit à l’équipe de Jomo Sono de prendre un
point contre le Paraguay, il ne lui aura fallu, cette fois-ci, que
trois minutes pour ouvrir le score. Un coup-franc de Fortune trouve
Nomvethe laissé seul aux six mètres par une défense slovène aux
abonnés absents, le joueur de l’Udinese manque sa tête mais
reprend le ballon - de la cuisse ! –
pour tromper Simenuovic. Cet
avantage d’un but enfonce les Slovènes - déjà bien secoués par
le départ de Zlaovic leur meneur de jeu - incapables d’aligner
trois passes de suite pendant les 20 premières minutes. En ce début
de partie, l’envie et la vivacité sont des productions estampillées
« Made in South Africa » grâce à Fortune, Zuma et
Nomwethe. L’Afrique du Sud semble être la seule équipe consciente
de jouer un match de Coupe du Monde. A la 18e, un double
« une –deux » Fortune Mac Carthy ne peut être converti
en but par ce dernier, déséquilibré au dernier moment dans la
surface. Face à des Slovènes absolument inoffensifs et hors du coup,
les Sud-africains réalisent un match appliqué à défaut d’être
brillant sous la conduite d’un impeccable et sobre Radebé.
A la mi-temps, l’Afrique du sud mène 1-0 devant la Slovénie.
La seconde période ne change rien aux intentions ou plutôt à
l’absence d’intention des joueurs slovènes. Face à cette
opposition léthargique, les Sud-africains gèrent tranquillement leur
avantage sans trop se faire peur.
A la 63e minute, alors que les Slovènes se décident enfin
à presser au milieu du terrain,
les Sud-africains se procurent la plus belle occasion de cette
seconde mi-temps. Une
action menée par Fortune sur l’aile gauche, le joueur de Manchester
centre et trouve Mac Carthy dans la surface, mais la reprise de la tête
de l’attaquant, décidément bien malheureux sur cette partie,
rebondit contre l’angle des buts de Simeunovic.
Sept minutes plus tard, les privilégiés spectateurs du stade
de Daegu assistent à un événement historique : la première
occasion slovène, une tête de Ceh
repoussée des deux points par Arendse.
La fin du match voit les Sud-Africains se procurer quelques situations
favorables. D’abord par Buckley, qui venait de rentrer sur le
terrain, puis sur un tir de Sybaya à la 87e minute qui frôle
la transversale. L’arbitre siffle la fin du match sur cette victoire
des Bafana Bafana. Jomo Sono peut lever les bras au ciel. Cette première
victoire des Sud-africains en Coupe du Monde leur ouvre grand les
portes du second tour. Katanec, expulsé par le quatrième arbitre au
début de la seconde mi-temps, est assis dans les tribunes…déjà en
vacances.
Joachim Barbier
Danemark-Sénégal
1-1
Le Sénégal, un point et des occasions manquées
Les deux leader de la
poule A ne sont pas parvenus à se départager dans la chaleur de
Daegu, Diao répondant à un penalty transformé par Tomasson au début
du match. Les Sénégalais ont dominé, notamment en deuxième
mi-temps, et ont démontré, après leur match face à la
France, leur capacité à créer du jeu contre des Danois qui
se sont progressivement éteints.
Entre deux équipes « physiques », les premières minutes
de ce Danemark-Sénégal ont ressemblé à une sérieuse séance
d’intimidation. C’est d’abord Ebbe Sand qui prend un carton
jaune pour une vilaine faute sur Diao avant qu’un début de bagarre
générale n’éclate suite à une faute sur Fadiga
À la 14e, Tomasson récupère
une remise en touche sur le côté droit, Diao tente de s’interposer
mais bouscule dans le dos le joueur de Feyennord. L’arbitre siffle
un penalty que Tomasson, déjà auteur des deux premiers buts danois
contre l’Uruguay, transforme.
À la 17e, un corner de Fadiga est repris de la tête par Diao,
Sorensen repousse la balle dans les pieds de Fadiga qui remet au
centre sur Papa Bouba Diop dont le tir est dévié par Sorensen avant
que l’arbitre ne siffle un hors-jeu de position de Diouf. Les
Danois, de leur côté, sont à deux doigts de doubler leur avantage.
Tomasson se voit refuser un but pour une main imaginaire et prend
d’ailleurs un carton jaune sur l’occasion.
Les Sénégalais sont surtout dangereux sur coups de pied arrêtés.
À la 42e, Fadiga à la suite d’un coup-franc, récupère la balle
dans la surface, mais son tir du droit, trop écrasé, échoue à deux
mètres des buts de Sorensen. À la mi-temps, le Danemark mène 1-0.
La deuxième période est commencée depuis deux minutes et les Sénégalais
se procurent leur meilleure chance de marquer. Fadiga déborde sur le
côté droit, adresse un centre que H. Camara reprend de la tête,
mais sa reprise passe au-dessus de la transversale.
À la 51e, les Lions de la Teranga vont finalement parvenir à égaliser.
Une contre-attaque diabolique de trois passes parvient à Fadiga qui
lance Diao au centre de la défense danoise. Le futur joueur de
Liverpool trompe Sorensen d’une petite balle de l’extérieur du
pied et permet aux Sénégalais de revenir logiquement à la marque.
Sept minutes plus tard, Fadiga, qui permute de plus en plus souvent
sur l’aile droite, manque de donner l’avantage au Sénégal. Bien
lancé par H. Camara, le tir de l’ailier auxerrois finit dans les
bras de Sorensen.
Les Sénégalais prennent de plus en plus l’ascendant sur une équipe
danoise qui a bien du mal à ressortir et à conserver la balle au
milieu du terrain, gênée, comme l’équipe de France, par
l’impact physique des Diao et Bouba Diop.
À la 70e, les Sénégalais gâchent un belle occasion de
comptabiliser leur domination.
El Hadji Diouf monopolise l’attention de deux défenseurs danois
avant d’intelligemment passer à Souleymane Camara, seul dans la
surface, dont le tir finit dans le petit filet des buts de Sorensen.
La partie se termine comme elle avait commencé. À la 79e, Diao est
expulsé pour un tacle sur Henrinksen, tandis qu’Helveg est averti
pour une faute sur H. Camara. Finalement, l’arbitre siffle la fin
d’un match que le Sénégal, au vu de sa domination en seconde période,
avait la possibilité de remporter.
Joachim Barbier
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