Open d’Australie 2001 : l’Afrique à l’honneur ?
(15-28 janvier)

 Si l’édition 2000 de l’« Australian Open » fut le théâtre d’exploits retentissants de la part des tennismen africains (2 quarts de finale et 2 huitièmes de finale), le premier Grand Chelem de l’année 2001, qui démarre le 15 janvier prochain à Melbourne, laisse planer à la fois quelques incertitudes mais également les plus grands espoirs quant aux résultats des joueurs du Continent africain !

Quelques incertitudes en effet car il est très rare de réussir, d’une année l’autre, une performance collective à ce point remarquable dans un tournoi aussi important qu’un Grand Chelem : l’année dernière, les marocains Hicham Arazi et Younès El Aynaoui s’étaient brillamment frayés un chemin jusqu’en quarts de finale où ils avaient été défaits respectivement par le vainqueur André Agassi et le finaliste Yevgueni Kafelnikov ; de leur côte, le sud-africain Wayne Ferreira et le zimbabween Byron Black avaient atteint les huitièmes de finale, échouant à ce stade de la compétition sur des gros bras, en l’occurrence Nicolas Kiefer et Pete Sampras !

 A l’aube d’un nouveau siècle, ces bons résultats, précoces et tout de même un peu inattendus, donnaient déjà le tempo d’une saison 2000 qui allait se révéler très solide pour un tennis africain arrivé à maturité : l’âge de ses leaders approche aujourd’hui la trentaine (27 ans pour Arazi et Alami, 29 pour El Aynaoui et Ferreira) et leur expérience sur le circuit professionnel n’est plus à démontrer.

Révélatrice d’un état de forme général à un moment de l’année où les organismes sont fatigués, la fin de saison dernière a notamment permis à Wayne Ferreira de gagner au Masters Series de Stuttgart l’un des tournois les plus importants de l’année et à Hicham Arazi d’atteindre les demi-finales à Tokyo et Lyon en battant au passage des « cogneurs » comme Philippoussis et Enqvist.
En décembre 2000, le classement de l’ATP Race est venu couronner le niveau du tennis africain par la présence de quatre joueurs dans les 30 premiers mondiaux : Wayne Ferreira 13ème, Younès El Aynaoui 25ème, Hicham Arazi 30ème, et Byron Black 34ème.

Place maintenant à une nouvelle saison avec notamment dans quelques jours l’Australian Open 2001, épreuve très éprouvante physiquement en raison de ses fortes chaleurs et de sa surface rugueuse, le rebound ace ; autant d’éléments qui pourraient, à l’image de l’édition 2000, bouleverser les pronostics et réussir encore une fois aux tennismen africains.
Aux premiers rangs desquels Hicham Arazi et Wayne Ferreira :
d’un côté, le fantasque gaucher marocain ne bouderait pas une bonne performance dans le premier Grand Chelem de l’année. Même s’il rêve de remporter un jour Roland Garros, il a travaillé sérieusement depuis quelques mois au sein du Team de Bob Brett, installé en région parisienne, afin d’arriver en bonne forme physique et mentale à l’Australian Open. Récent quart de finaliste du tournoi de Doha, il a indéniablement le talent pour réaliser une très grande performance à Melbourne.
De l’autre côté, le sud-africain Wayne Ferreira est un joueur très expérimenté, présent sur le circuit professionnel depuis 1990 et réputé pour jouer beaucoup de tournois. Depuis sa demi-finale en 1992, il n’a jamais dépassé les huitièmes de finale à l’Open d’Australie : pourquoi pas cette année s’il ne ressent aucune gêne physique et que la confiance est au rendez-vous ? 
Que peut-on attendre enfin de Younès El Aynaoui, Karim Alami ou Byron Black sinon de bonnes surprises car eux aussi bénéficient de grosses qualités techniques ?

Rendez-vous donc du 15 au 28 janvier prochains au cœur de l’été austral, dans l’antre de Melbourne Park, pour l’édition 2001 de l’Australian Open où souffleront peut-être des vents chauds venus de l’Atlas marocain ou de la pointe du Cap …

  François Lacombe - Paris, le 10 janvier 2001